Itinéraire d’un enfant gâté

M. le Président Jupité-rien s’est lancé depuis hier dans de vibrants hommages à un chanteur de gaudrioles récemment disparu. Il a clamé son admiration, son amour même, pour ce chanteur de variétés. C’est son droit. À titre privé, convient-il d’ajouter.

Une conclusion s’impose : de Paul Ricoeur à Johnny Hallyday, le trajet navrant d’un «surdoué de la communication», ou, du moins qui veut passer pour tel.



« (Sittin’on) the Dock of the e.Bay »

Lu sur un média mais-je-ne-me-souviens-plus-lequel :

«17 000

C’est le nombre de biens sur Johnny proposés sur le site de vente d’occasion Leboncoin.fr. Dans les 10 heures qui ont suivi l’annonce de sa mort, un millier de nouvelles offres ont été mises en lignes : 30 pages ! »

C’est pas de bol, on lui propose le Panthéon et il se retrouve sur le Bon Coin.



Présomptueux

Son manager déclarait il y a un mois  à propos de Johnny Hallyday : «Aujourd’hui il va bien, il a un cancer du poumon comme on le sait tous. Il se soigne, il n’y a pas péril en la demeure.» Il avait pris la précaution de préciser «aujourd’hui», ce n’était donc valable que pour le 6 novembre 2017, à la rigueur pour le 7, et encore pas sûr.

Après, c’est plus tendu : « Il se bat, il est là et il sera prochainement là pour le montrer». Ce type a bien fait d’être manager plutôt que médecin, son diagnostic laisse à désirer.

Mais il revient sur son domaine de compétence juste après ; interrogé sur la prochaine tournée  il déclare : «Mais pas forcément en 2018, parce que Johnny dans toute sa carrière a laissé un espace de deux ans entre une fin de tournée et le début d’une autre.» On comprend.

Et il finit par un superbe : « Il a fait des dates en 2017. 2018 c’est un peu présomptueux».

  Présomptueux, c’était le mot, en effet. Bon, manifestement, il a un espoir pour 2019.

      Et prendre le public pour des cons, c’est présomptueux aussi ?

 



J’ai un trou dans mon panthéon

Le président de la République française, le premier ministre du même métal et tous les ministres, députés, sénateurs et autres représentants de la citoyenneté nationale ont décidé de rendre un hommage (enfin, des…) unanime à la star du rock (à comprendre  dans le même sens que l’expression « whisky on the rocks ») bientôt panthéonisé, à nos frais bien entendu.

Décidément nous avons le panthéon décousu dans notre belle nation.

Bon, honnêtement, tout le monde s’en fout que l’idole des vieux ait poinçonné son ticket en aller-simple, sauf quelques sexagénaires attardés et nostalgiques, parfois excités (il faut bien qu’à leur âge ils puissent encore s’exciter pour quelque chose). L’événement réellement important est que  notre représentation nationale n’a donc rien de mieux à faire que de s’occuper de Johnny.

Et oui tous les problèmes ont été réglé cet été, alors on s’emmerde ferme à l’Élysée et à Matignon. Enfin tant qu’ils font ça…



Prudence

Le ministère de l’intérieur a finalement interdit que Johnny soit incinéré.

 

À cause des risques d’explosion.



Tout arrive

Il paraît qu’on va faire remonter les Champs-Élysées à Johnny.

C’est sans doute la première fois qu’il fera ça à jeun.



Snif (dans tous les sens du terme, évidemment)

Johnny est mort.

Ah bon, encore ?



Du rififi à l’Olympe

 

 

On dirait que Jupiter patine un peu dans l’ambroisie ces temps-ci. Par ailleurs cette chère Junon est toujours aussi bronzée, ce qui devrait lui remonter le moral. La déesse du foyer sait profiter du soleil de la Grèce, mère des patries, c’est toujours ça de pris. Mais le vrai problème de Jupiter, c’est qu’il n’est pas secondé, tous les mythologues vous le diront. L’Olympe manque de vrais managers, même Omer  (je ne suis pas sûr de l’orthographe) le constatait.

Avec Hermès dans le temple de Bercy — sur la terrasse duquel on contemple la totalité d’Athènes — on aurait pu penser que les choses étaient pour le mieux dans le domaine des Dieux. Las ! Hermès, le dieu messager, parle beaucoup, et indispose Hercule, redoutable boxeur, aux emportements violents. Le dieu des dieux lui demanda donc de faire meilleur usage de la parole divine : en gros de la boucler.

Hermès aurait pu se consoler ailleurs car il est aussi le dieu des carrefours, mais il a délégué la gestion de la voirie et de la grande distribution à des collègues subalternes. Le temple de Bercy est trop sacré pour se consacrer à pareilles vétilles. Privé de la parole (ou quasiment), délesté de la gestion du goudron et de la tête de gondole, il ne lui restait que son attribut le plus vénérable, le plus majestueux : Hermès, dieu des voleurs. C’était bien pour cela que Jupiter, le dieu des dieux, roi de l’Olympe et auto-panthéonisé de son vivant, l’avait envoyé dans ce temple pour adorer l’Éternel, c’est-à-dire Lui-Même. Or donc, Hermès est devenu, par la puissance du Verbe Jupitérien, dieu des voleurs à plein temps. Le Temple de BERCY s’y prête (si l’on veut bien me pardonner ce barbarisme) à merveille puisqu’il s’agit non moins de combattre le Chaos dont sont issues toutes choses, ce qui paraît bien sympathique évidemment, mais le chaos c’est quand même trop le bordel, donc il ne faudrait pas qu’il se croit tout permis non plus. Même Jupiter quand il était jeune, fut obligé de se sortir les doigts pour en faire quelque chose d’à peu près propre. Avant lui, l’Univers ressemblait à un camp de Manouches, il ne faut pas l’oublier. Alors, le combattre, oui, mais comment ?

« Jup » a sorti son Tyrse et a tracé la feuille de croûte par la foudre et le tonnerre. Il s’agira simplement de voler aux pauvres le peu qu’il leur reste pour le donner aux riches qui ne sauront pas quoi en foutre mais ça leur fera plaisir quand même. Hermès aux pieds zélés, retiré dans son temple aux murs décorés à la feuille d’or, s’est demandé un instant s’il n’était pas en train de se faire rouler dans le froment. C’est pas parce qu’on va à la gamelle qu’il faut accepter d’en prendre une. Piquer aux pauvres pour donner aux riches, c’est ce que pratique l’Olympe depuis des Éons (un Éon = cinq ans environ), c’est pas avec ça qu’on va révolutionner les champs Élyséens, nom de Dieu, enfin de Moi-même, pérorait-il in petto. Le doute s’insinuait en lui. Or le doute est mauvais, pernicieux, même.

Alors « Jup » comme on l’appelle familièrement à l’Olympe lui apparut en majesté (la foudre dans une main, l’égide dans l’autre et Junon en talons hauts et tailleur ajusté sur son flanc droit). Il lui révéla enfin la vérité toute puissante. Certes, tout cela était du réchauffé, mais le plan de la divinité était (une fois de plus) sans faille. Hermès allait un peu se bouger la rondelle pour que, pour une fois, ÇA NE SE VOIE PAS ! En finesse, tout dans le déhanché et le contrôle du mouvement. Et c’était lui, Hermès, dieu des voleurs – excusez du peu ! – qui allait rendre l’opération quasiment indétectable. Il resterait pour les siècles des siècles l’inventeur de la couillonnade en mode furtif. Comme bilan c’est du solide, ça a quand même une autre gueule que se les geler sur la banquise à friser les moustaches des bébés phoques comme certaines reliques du chaud-bise. Puis le Dieu des dieux, le Très-Grand parmi les Grands (c’est pour cela qu’en Grec on l’appelait Macron) disparut dans un éclair de feu pour aller révoquer d’urgence un sous-fifre du dieu Mars qui commençait à les lui briser menu.

Hermès réfléchissait, les pieds dans une rivière de diamants pour se rafraîchir les orteils. Comme toujours en pareil cas, il faisait surgir de l’ombre une multitude de conseillers pour l’assister dans cette tâche ardue qui dépassait ses compétences. Il n’utilisait son intelligence, du moins ce qu’il en restait après des éons passés dans les palais de l’Olympe à taper la discute avec des incapables et à serrer les paluches de tous les demi-dieux qui pouvaient éventuellement se rappeler de lui un jour, que pour une seule tâche : essayer de tirer le maximum de profit de sa position à l’Olympe. Là, il commençait à comprendre qu’il allait en prendre plein la gueule. Il venait juste de se souvenir qu’en latin, Hermès se dit Mercure.

Ça tombe bien se dit-il, il commence à monter…



État des lieux

 «D’abord, le pouvoir dépendait de tous sans qu’aucun fût assez fort pour l’accaparer. Les dettes particulières étaient considérées comme dettes publiques, les hommes de race chananéenne avaient le monopole du commerce ; en multipliant les bénéfices de la piraterie par ceux de l’usure, en exploitant rudement les terres, les esclaves et les pauvres, quelquefois on arrivait à la richesse. Seule, elle ouvrait toutes les magistratures, et bien que la puissance et l’argent se perpétuassent dans les mêmes familles, on tolérait l’oligarchie, parce qu’on avait l’espoir d’y atteindre.»

Quelle belle description ! Quelle admirable synthèse ! S’agit-il donc de notre beau pays, la France ? À n’en point douter, c’est bien de chez nous qu’il s’agit ! La description correspond trait pour trait. Mais… la «race chananéenne» ? Cékoidon ? Voyons, réfléchissons un peu… Ah oui, bien sûr ! «chananéen» de « Chanonat» petite bourgade huppée de la région Clermontoise qui servit longtemps de lieu de résidence à un châtelain ex-président de la république et formolisé de son vivant par l’Académie Française, ce machin qui ne sert à rien et qui coûte quand même assez cher. La «race chananéenne» désigne donc, c’est établi, le gentilé de la commune de Chanonat, naturellement infestée de nombreux petits marquis comme on disait au XVIIIe,  bâtards probables  du sus-nommé.

Las, que nenni ! Vous n’y êtes point. Vous avez cru lire une admirable peinture de la France chiracquisée, puis sarkozyée, enfin hollandisée et bientôt, macronisée. Mais il ne s’agit pas de cela, vous n’y êtes point vous dis-je. Vous venez de lire en vérité la description de la république de Carthage dans Salammbô de Flaubert.

Ouf ! Tant que ce n’est pas chez nous. On l’a échappé belle…



Parce qu’elle le vaut(Quiez) bien…

Madame — pardon Mademoiselle — M***** M*******-L* P** (comptez bien les étoiles, le nombre y est), a récemment déclaré dans une feuille de chou ordinaire qu’elle pensait que M. Laurent W******Z, président de région Auvergne-Rhône Alpes de son état (c’est facile, là, je vous aide) était quelqu’un avec qui on pouvait discuter de projets en commun. Précisons tout de suite que le « on » ne vaut que pour elle. Personnellement cela ne me regarde pas, comme auraient dit les Inconnus. Elle se situe manifestement un peu à droite du monsieur sus-nommé mais ne dédaignerait pas décorer un peu ce flan droit qu’elle trouve fashionable. Elle a fait cette intéressante déclaration peu après avoir claqué le porte (en douceur mais trop quand même) du parti dont sa tante a hérité de son grand-père en attendant, j’imagine, la prochaine dévolution successorale. Notaire est un métier parfois compliqué.

Le problème, parce qu’il y en a un, réside dans le fait qu’on ne voit pas bien comment Mme M***** M*******-L* P** (j’aime bien quand ça reste anonyme) pourrait être à  «la droite de M. Wauquiez» à moins d’imaginer que l’hémicycle serait devenu circulaire et, dans ce cas, qu’elle se retrouve finalement à l’extrême gauche.  Dans l’hypothèse contraire, donc s’il s’agit toujours d’un demi-cercle (c’est la traduction «d’hémicycle» qui n’a jamais signifié «moitié de vélo» je le précise à l’intention des nombreux illettrés voleurs de poule qui se passionnent pour ce blog) , M***** M*******-L* P** (on dirait un mot de passe) risque de se retrouver très à l’étroit, à la droite de ce grand humaniste. De roucoulade en roucoulade, il pourrait bien accepter d’ailleurs (il n’a jamais été très difficile, il faut lui reconnaître au moins ce talent), mais pour se situer à droite de ce monsieur, la belle devra se faire contorsionniste, il ne s’agit pas seulement de se trémousser la crinoline devant des bad boys en limousine comme disait l’autre, il faut carrément être en caoutchouc.

C’est un vrai challenge comme on dit maintenant parce qu’on ne connaît plus le mot défi (pas grave, c’est quand même un mot français à l’origine, notre honneur est sauf). Ce pourrait être le prochain sujet des futures Présidentielles : «peut-on raisonnablement espérer une place à droite de M. Wauquiez ? »

N’oublions pas que Satan a toujours été à gauche (c’est pas moi qui le dis, c’est la Bible).

Professor Hait



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La plus petite nouvelle fantastique de l’univers.

Après avoir regardé la soirée de la présidentielle en bouffant des chips, Dieu avait enfin compris qu’il avait merdé et que sa Création avait pourri jusqu’au trognon. Tout l’Univers et même ses alentours étaient en coma dépassé. Il opta pour un dépôt de bilan franc et massif et mit le cosmos en mode Armaggedon. En quelques secondes, tout fut détruit, il ne resta rien, absolument rien, à part Lui.

Dieu demeurait seul. Tout seul. Infiniment seul. Bref, il se faisait immensément chier. Il réfléchit à la possibilité de se mettre également en mode Armaggedon. Là, il ne subsisterait vraiment plus rien. Il enclencha le processus puis assista à sa dissolution dans un état semi-dépressif. La plus grande partie de Lui-Même avait déjà disparu, il ne restait plus que quelques secondes avant la fin de tout.

 

C’est à cet instant qu’il reçut un sms.


La macro-onanisation

Ça y est ! C’est pour ainsi dire officiel ! Les Républicains (je suppose que les autres ne le sont pas, donc) se sont fait macroniser, non, pardon, MACRONISER.  Et sur une grande échelle, paraît-il. On parlerait même d’accident industriel, c’est dire. 

Mais qu’est-ce au juste que la macronisation ? Et bien, c’est une intronisation, mais en plus rapide, pour l’homme pressé du XXIème siècle en quelque sorte. Le geste reste souple et délié, mais le mouvement est nerveux, voire saccadé dans les grandes occasions. Une partie des LR, il faut le noter, a tenté d’opposer un refus catégorique (et courageux) à une telle intronisation aussi vigoureuse qu’étonnante, disant qu’il ne fallait quand même pas tout se permettre.

Las, entre se permettre et se faire mettre, même l’académicien le plus gâteux sait qu’il n’y a qu’un seul phonème, donc un seul pas. D’autres — beaucoup d’autres — aux chairs moins fermes et au passé plus mouvementé sans doute, se sont dit : « une fois de plus, une fois de moins, c’est pas ça qui va changer la fin de l’histoire. »

   À l’autre bout du spectre — non, je ne parle pas du président d’horreur d’un parti aux thèses inavouables, il est toujours en vie — on est parfois tenté par un ersatz (en Allemand dans le texte, ces gens-là sont nos maîtres quand même) de la macronisation, que l’on dénomme la « mélenchonisation ». Mais ça ne prend pas, seuls quelques communistes égarés, coincés dans le Gers depuis le pacte germano-soviétique se sont fait pécho. En tout, on pense qu’ils sont trois, autant dire que c’est anecdotique.

   Pourquoi la mélenchonisation pédale dans la choucroute alors que la macronisation fait un carton ? Question de méthode, essentiellement. La mélenchonisation se veut virile voire agressive mais tout passe par le verbe, alors forcément, c’est mou, presque désincarné. En face, on ne macronise pas avec des hologrammes, ah non pas de ça chez nous ! Du réel, du vrai, de l’authentique ! Il ne suffit pas de se cabrer dans une posture qui évoque vaguement un matador vegan pour pouvoir mélenchoniser à tout va. Chez les helpers du move à Emmanuel on l’a bien compris, avant d’entrer dans la REM, on ne se cabre plus, au contraire, on tortille, on ondule, on smurfe. Et puis vlan, la ruade.

Avant ET arrière. L’heure est aux grands projets, l’avenir appartient aux hommes d’action. Vas-y Manu.

Professor Hait

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