La cuisine au beur

La campagne décolle ! Enfin, enfin, dirons-nous avec une petite éructation de joie accompagné d’un discret gloussement de satisfaction, ce n’est pas trop tôt. Nous en arrivons donc au coeur du sujet qui passionne les Français : la gastronomie. Il ne s’agit plus de demander benoîtement « Quand est-ce qu’on mange ? » — en ces temps de crise la réponse est au mieux incertaine — mais « Qu’est-ce qu’on mange ?». Ca a déjà plus de gueule comme interrogation politico-métaphysique.

L’actuel et déjà regretté occupant de l’Elysée (vous bénissez ce que vous voulez, vous avez l’habitude maintenant) a donné le thon, pourrait-on dire. Nous savons désormais qu’il n’est guère porté sur le kebab et que, dans les pique-nique champêtres, la viande est toujours consommée saignante. Pour autant, dans ce moment grandiose et ô combien passionnant que constitue la campagne présidentielle (Gloire ! Gloire ! À notre Guide Glorieux et Grandiose (G3) et à ses porte valises  parole) nous en savons désormais un peu plus long sur les penchants culinaires de sa Gracieuse Majesté Présidentielle.

Par exemple, le jambon de Bayonne l’a beaucoup déçu. C’est pourtant un excellent produit, made in France, peu susceptible d’être subtilisé par les hordes velues de sémites mal intentionnés qui déferlent en rang serrés pour souiller notre sainte Nation. Je n’ai pour ma part (c’est un exemple) jamais mangé de jambon de Bayonne halal. Il est donc permis de s’interroger sur cette répulsion étrange de la part d’un défenseur acharné de nos valeurs éternelles : Travail, Famine, Parti.

Et bien, je suis parvenu, après une longue et patiente analyse que j’ai choisi de vous épargner sachant combien votre temps est précieux, à la conclusion suivante : ce n’est pas le jambon de Bayonne en lui-même qui constitue la source de cette étonnante inimitié mais son mode de consommation. En effet, ce type de produit doit se consommer uniquement par l’orifice buccal, l’introduction fondamentale demeure prohibée car très douloureuse. Malheureusement, les conseillers de notre Mentor (comme un arracheur dedans, le fait est connu) ont dû se mélanger les fiches. Ca lui a donc fait très MAM MAL, surtout qu’il est tombé sur un os. Je me permets donc un petit conseil de cuisine électorale (oui, moi, dans le clapotis fangeux de mon ignominie, je me permets) : la prochaine fois, il faut déguster le jambon de Bayonne à la landaise c’est-à-dire tout bêtement en tranches avec des cornichons.

Mais il me semble que notre Conducteur Cosmique a déjà retenu la leçon puisqu’il a intimé l’ordre à ses deux adorables porte-parole, si décoratives, d’être dorénavant toujours présentes lors de ses déplacements de campagne.

En cas de nouvelle agression au jambon, il aura au moins les cornichons sous la main.

 

                                                                                                                                     La cuisine au beur  dans Chroniques du Professor Hait licence-CC3  Professor Hait

 


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