État des lieux

 «D’abord, le pouvoir dépendait de tous sans qu’aucun fût assez fort pour l’accaparer. Les dettes particulières étaient considérées comme dettes publiques, les hommes de race chananéenne avaient le monopole du commerce ; en multipliant les bénéfices de la piraterie par ceux de l’usure, en exploitant rudement les terres, les esclaves et les pauvres, quelquefois on arrivait à la richesse. Seule, elle ouvrait toutes les magistratures, et bien que la puissance et l’argent se perpétuassent dans les mêmes familles, on tolérait l’oligarchie, parce qu’on avait l’espoir d’y atteindre.»

Quelle belle description ! Quelle admirable synthèse ! S’agit-il donc de notre beau pays, la France ? À n’en point douter, c’est bien de chez nous qu’il s’agit ! La description correspond trait pour trait. Mais… la «race chananéenne» ? Cékoidon ? Voyons, réfléchissons un peu… Ah oui, bien sûr ! «chananéen» de « Chanonat» petite bourgade huppée de la région Clermontoise qui servit longtemps de lieu de résidence à un châtelain ex-président de la république et formolisé de son vivant par l’Académie Française, ce machin qui ne sert à rien et qui coûte quand même assez cher. La «race chananéenne» désigne donc, c’est établi, le gentilé de la commune de Chanonat, naturellement infestée de nombreux petits marquis comme on disait au XVIIIe,  bâtards probables  du sus-nommé.

Las, que nenni ! Vous n’y êtes point. Vous avez cru lire une admirable peinture de la France chiracquisée, puis sarkozyée, enfin hollandisée et bientôt, macronisée. Mais il ne s’agit pas de cela, vous n’y êtes point vous dis-je. Vous venez de lire en vérité la description de la république de Carthage dans Salammbô de Flaubert.

Ouf ! Tant que ce n’est pas chez nous. On l’a échappé belle…

 


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