Jupiter dépité

ourangoutan

Tous ces gens qui se plaignent ! il n’y a plus moyen de gouverner tranquille, ma pauvre dame ! Un coup c’est le retraités, une autre fois c’est les profs (ces fainéants), maintenant ce sont les automobilistes. On dirait qu’ils font un tour de rôle. Alors que le Roosevelt de Picardie fait tout ce qu’il peut pour ne pas sombrer totalement dans le ridicule.

Même si les résultats ne sont pas franchement éclatants, on pourrait quand même lui dire la même chose que ce qu’on écrit sur les bulletins trimestriels quand on n’a plus d’idées : «Des difficultés mais de la bonne volonté. Persévérez dans vos efforts». Ce qui veut dire : t’es vraiment con mais au moins tu fais pas chier !

Et ben non, Jupiter il en prend plein l’Olympe. Faut dire que lui, il est vraiment con mais il fait un peu chier quand même. Pourtant il y aurait bien une solution à la pollution des villes, à la désertification des zones rurales et au pouvoir d’achat en berne à cause des stations sévices. Alphone Allais y avait déjà songé : «Il suffit de construire les villes à la campagne».

Simple, net, précis : je m’étonne que le Kennedy d’Amiens n’ait pas encore intégré cet item à sa com’. Benjy pourrait nous en faire une explication de texte, je le sens désœuvré, ça fait quatre jours que son boss n’a pas dit de connerie. Enfin, pas devant des journalistes. Que voulez-vous qu’il fasse, Manu Ier ? Il n’est pas là pour résoudre les problèmes du chômage non plus. Et comme l’observait finement Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort (1741 – 1794) :

La Société est composée de deux grandes classes : ceux qui ont plus de dîners que d’appétit, et ceux qui ont plus d’appétit que de dîners.  

Chamfort finit académicien, comme Giscard d’Estaing.

…Sauf que lui il avait du talent.



Itinérance mémorielle

J’aime décidément beaucoup le gimmick présidentiel de «l’itinérance de la mémoire». Petit rappel, voici ce que le Centre National des Ressources Lexicales précise à propos de ce mot :

Itinérance, subst. fém.Déplacement. Ce développement du camping : goût du plein air, possibilité de grande itinérance (Jocard, Tour. et action État,1966, p. 143).

Donc, si l’on en croit la faculté, notre pétainiste jupitérien en chef se ba-la-de. Il fait du camping plus-plus, je vous rassure (si vous étiez inquiet). À nos frais, comme de juste, mais là n’est pas la question. Notre Jupiter hexagonal a la mémoire itinérante, un sorte de souvenir ambulatoire. Il ne peut pas se rappeler l’histoire assis dans son fauteuil un livre à la main. Ben, non, faut qu’il bouge, on est le Roosevelt de Picardie ou pas. Comme nous le rappelle la définition ci-dessus, pour notre Guide Spirituel, également nommé «le geyser de lumière élyséenne», la mémoire est un parcours, un itinéraire, bref une activité de plein air et de nature.

Qu’est-ce que la mémoire, la vraie ? Vaste question… Alfred Korzybski, le fondateur de la «sémantique générale», bien connue des lecteurs de A.E Van Vogt, et créateur de la fameuse expression «la carte n’est pas le territoire» (et oui, c’était lui !) avait son idée là-dessus. Il pensait que l’être humain possédait une différence essentielle avec le règne minéral, le règne végétal et le reste du règne animal, celle de relier non plus l’espace mais le temps grâce à sa mémoire, ce qu’il nommait le time binding.

Ce qu’à sa façon, Gregory Bateson, le célèbre anthropologue américain avait également résumé sous la forme : «Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants.» La mémoire est donc le lien que nous entretenons avec non seulement le passé, mais la connaissance humaine, la civilisation. La mémoire est sans cesse à l’oeuvre dans nos vies quotidiennes et, paradoxalement, dans le progrès humain. Pas de découvertes scientifiques sans mémoire, nous sommes bien des nains juchés sur les épaules de géants. Il convient donc de faire un tri, d’exercer un droit d’inventaire pour reprendre l’expression de Jospin à propos de Mitterrand. Organiser l’avenir ce n’est pas récrire la mémoire, ni en faire un spectacle de com’, un mega show à l’américaine. Ça ne Trump personne… et cela nous renvoie à nos propres angoisses sur l’avenir.  Nous avons tous très peur de finir en Alzheimer, comme tant de gens que nous aimons.

Il est stupéfiant de constater — faut-il en rire ou en pleurer ? — que la politique française, pour ne parler que d’elle, est frappée d’Alzheimer profond. À force de vouloir s’accaparer la mémoire et d’être obsédé par le court terme, les prochaines élections, nos chers zélus ont le cerveau qui coule. Ils deviennent incapables de se rappeler réellement l’histoire, ou quoi que ce soit d’autre,  même ce qu’ils ont dit la veille parfois…

Il est alors logique que Notre Boussole de Sagesse Éternelle, Manu Ier, se voit lui-même comme un routard de la mémoire française, un punk à chien  de l’histoire en quelque sorte. Même s’il voyage léger, on comprend que ça le fatigue…    cf http://karmatotal.unblog.fr/?p=794

Tout cela dégage une étrange odeur, comme un léger parfum de charogne pourrie. Logique : Itinérance, ça rime avec rance.

Et Macron, ça rime avec quoi ?

 

 



Pétain, finalement… on n’est ni pour ni contre, bien au contraire.

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Benjy est monté au créneau, ça y est ! Il a écrasé sa clope, vidé son dernier verre de gas-oil et hop ! un petit cui-cui (je sais ça s’appelle un tweet). Formidable, Benjy, on t’aime. Avant toi, en politique, c’était la langue de bois, matériau noble finalement, avec toi c’est du carton (ondulé) : matériau recyclable. On connaît ta passion pour l’égologie.

Aucun hommage ne sera rendu à Pétain samedi. Il n’en a jamais été question.

Voilà, cette franchise me plaît. Je pensais que des fois j’étais un peu con, maintenant, grâce à toi, Benjy, j’en suis sûr. T’es un as dans le développement personnel, ça va me faire progresser. Donc ton maître, Jupiter Ier, n’a pas déclaré :

Je n’occulte aucune page de l’histoire. Il a été, pendant la Première guerre mondiale, un grand soldat, c’est une réalité. La vie politique comme l’humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu’on voudrait croire. On peut avoir été un grand soldat et avoir conduit à des choix funestes durant la Deuxième

Pourtant ça a été enregistré, non ? Alors si, il l’a dit. OK, j’ai pigé, il a dit ça mais moi j’ai compris autre chose. Que par exemple, c’était un hommage rendu à l’autre ordure. En fait non, d’accord, d’accord, Benjy, t’es un ancien socialiste, t’as des valeurs, faut juste que je comprenne. Moi tu comprends je suis comme les salariés du Nord de la France, je suis illettré, c’est ton top manager qui l’a dit. Mais j’essaie de me former, je suis de bonne volonté. Donc Pétain a été «un grand soldat» pour le maître qui te gouverne mais ce n’est pas du tout un hommage. Je comprends Benjy, c’est que tu as expliqué là :

S’il y a eu confusion, c’est que nous n’avions pas été suffisamment clairs sur ce point.

Pourtant, moi ça me paraissait vraiment clair. Comme quoi, tu vois Benjy, je suis vraiment un abruti. Je croyais savoir ce que parler veut dire. Mais en fait non. « La vie politique comme l’humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu’on voudrait croire.» : tu vois, par exemple j’essaie de piger ça. J’avais l’impression que c’était juste l’idée que finalement, bon, il a fait des trucs pas trop mal, Maréchal-nous-voilà, avant de mal tourner. Ce serait à cause de ses fréquentations, des Allemands pas trop présentables, un cocaïnomane notoire (Goëring) ou un maniaco-dépressif à lunettes (Himmler), etc. En fait  Maréchal-nous-voilà, ce serait un héros qui serait simplement parti en vrille à cause du contexte. Ahhhh ! le contexte, j’avais oublié le contexte, évidemment. Maréchal-nous-voilà c’était un bon gars, et puis le contexte, et vlan, c’est devenu d’un coup d’un seul, un délinquant sénile. Mais il a jamais eu ces idées-là avant, bien sûr. Un type qui a toujours adoré le genre humain. Sauf à partir de 1939. Ça lui est arrivé cette année-là, pfuit. Ça y est, je crois que j’ai pigé le truc de la «complexité de l’humaine nature» comme il dit le Kennedy d’Amiens, c’est qu’en fait c’est tellement complexe, qu’on ne peut rien y comprendre.  C’est dingue. Mais depuis que tu m’as fait comprendre, Benjy, qu’il n’y avait rien à comprendre, et ben ça me soulage. Je voyage plus léger.

Pour revenir à Maréchal-nous-voilà, ça peut nous arriver à tous alors ? Franchement Benjy, plus j’essaie de te suivre et plus ça me fait flipper. Heureusement que tu m’as rassuré avec ta conclusion :

Au-delà des polémiques, nous continuerons, inlassablement, à dénoncer et à combattre toutes les formes de haine.

Ouf ! Un doute horrible m’a étreint durant quelques millionièmes de secondes, à peine, mais ça suffit certainement pour faire partie de ces mauvais Français (je me pose toujours la question de la majuscule, enfin, bon). Maintenant que je sais que toi aussi tu combats toutes les formes de haine, en plus du combat que tu mène contre la clope et le diesel, je me dis que tu as des journées bien chargées. Tu dois être bien fatigué.

C’est peut-être pour ça que tu as l’air franc comme un âne qui recule, hein, Benjy ?



Tout à l’ego

Aujourd’hui je relisais les Maximes de ce bon François de la Rochefoucauld (XVIIe). Dès la septième, j’avais l’impression que c’était un livre d’analyse politique contemporaine. Comme ce bon Benjy n’a certainement pas le temps avec tout le travail mal payé  qu’il fait par ailleurs, je lui fait une fiche (cette maxime suffira, elle contient l’essentiel) :

Ces grandes et éclatantes actions qui éblouissent les yeux sont représentées par les politiques comme les effets des grands desseins, au lieu que ce sont d’ordinaire les effets de l’humeur et des passions. Ainsi la guerre d’Auguste et d’Antoine, qu’on rapporte à l’ambition qu’ils avaient de se rendre maîtres du monde, n’était peut-être qu’un effet  de jalousie.

Cela résume à merveille l’amour de l’egologie aussi soudain qu’inattendu d’ailleurs de ce sacré Benjy qui devient  de plus en plus impayable (mais pas impayé, ça roule pour lui : réservez votre pognon pour les restos du coeur). Il a découvert que le gas-oil ça polluait vachement depuis qu’il est candidat auto-non-déclaré à la mairie de Paris.

Pourtant  François de la Rochefoucauld n’adhérait pas à LREM, si ? Comment il fait pour connaître si bien le Grive-Haut en question ? Tiens, j’en ai une autre encore (la deuxième maxime du livre) pour toi Benjy :

L’amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs.

 

chatfier

Professeur hait

 

 

 

 



Pétain, ce héros ?

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Ce mercredi, Emmanuel Macron a jugé « légitime » de rendre hommage au maréchal Pétain samedi aux Invalides, soulignant que le dirigeant du régime de Vichy avait été « pendant la Première guerre mondiale un grand soldat »

Manu, faut que je te dise, t’es vraiment formidable ! Personne d’autre n’y a pensé, à part le F’Haine bien sûr. Tu vas lui faire bien plaisir au borgne millionnaire, s’il arrive encore à comprendre ce qu’il lit entre deux changements de couches. Sacré Manu ! Le roi de la com’. Il fallait y penser : honorer Pétain, l’homme des wagons pour les fours crématoires de Pologne et d’ailleurs, l’homme de la torture dans les geôles de la «France libre», l’ami de Laval, tortionnaire en chef qui trouvait que la gestapo était un peu mollassonne, parfois.

Pétain, le «grand soldat», évidemment, il fallait la trouver celle-là. Un officier bien planqué dans son État-major de campagne, avec cigares, café et digestifs (c’est bon pour le moral) qui exigeait du bout des lèvres que des braves types de 19 ans aillent se faire éventrer sur le champ d’horreur. Et quand ils murmuraient un peu trop devant les canons qui répandaient leur tripaille dans tous les coins, Pétain, le «grand soldat», que faisait-il ?

Il envoyait les gendarmes, ces grands humanistes qui traquaient les mauvais Français pour les exécuter. C’est-à-dire des gosses de 18 à 25 ans, crevant de trouille et rongés par l’espoir de pouvoir retrouver leur famille, leur femme, leurs enfants si possible à peu près entiers. Des gosses qui prenaient le maquis parce qu’ils avaient compris que la vraie monstruosité n’était pas du côté de «l’ennemi», du «boche» qui souffrait autant qu’eux. Non, elle résidait dans la cruauté implacable des «grands soldats» comme Pétain, leur sadisme distingué et ordinaire, leurs sourires satisfaits quand on leur annonçaient que les troupes françaises avaient repris une bande de 50 mètres. Pour cela, bien entendu, il avait fallu que 4000 vrais soldats, eux, pas des officiers planqués bien au chaud à des kilomètres des combats, se fassent arracher leur vie en tremblant, ou attendent que les finisseurs de tranchée abrègent leur souffrance dans un flot de sang, à la main, à l’ancienne.

Encore bravo Manu, quel beau coup de pub ! L’extrême droite ne pourra rien te reprocher, c’est vrai que tu as déjà raclé tout ce que tu pouvais à ta gauche. Tu as tellement passé ta vie dans des déjeuners d’affaires à te gaver de foie gras et de petites mignardises au frais de la banque Rothschild, bref à faire ton joli petit «boulot» de private equity, c’est-à-dire de proxénète de la finance, que tu es devenu totalement indifférent à la souffrance humaine, d’où qu’elle vienne. D’un autre côté c’est vrai que tu ne vois pas le problème. Tu as raison. Pétain, dans son domaine, était un top manager, efficace, un vrai meneur d’hommes. Il les menait à la souffrance et à la mort, mais finalement, ce sont des détails, non ? L’important c’est l’objectif n’est-ce pas ? Un gars doué ce Pétain, et précoce avec ça, sans doute. Comme toi, Manu, comme toi. Finalement on ne choisit pas ses modèles, ce sont eux qui nous choisissent.  Moi c’est Ghandi et Martin Luther King, toi c’est Pétain. Normal, t’es le PDG de  l’entreprise France et moi je suis un gros nul, un Gandhi du massif central,  paye ta loose…

En terme de cynisme politique, tu es en train de devenir une légende planétaire. Tu prépares ta reconversion, j’imagine.

Je te verrai bien coach, tu as l’éthique.

professeur hait

 

 

PS : «Tant que le militaire ne tue pas, c’est un enfant, on l’amuse aisément.» Céline, Le voyage au bout de la nuit. Comme tu n’as pas le temps de lire, je t’ai fait un digest comme on dit maintenant.

 



Des clopes et du gas-oil

M. Benjamin Griveaux, fringant quadragénaire, ex-socialiste convaincu, ex-lobbyiste convaincu mais désormais macroniste convaincu (existe-t-il une différence ?) a enfin dit ce que Matignon et l’Élysée pensaient tout bas, manifestement, puisqu’il est leur porte-parole. Oui, enfin, quoi ! Tous ces gens qui fument en roulant, voire qui se les roulent pour fumer, bref, on n’y comprend rien. Pourquoi ils n’arrêtent pas d’abord ?

Il suffirait de traverser la route, et puis voilà ! Hop ! Plus de clopes, plus de diesel ! Un peu de volonté que diable, comment voulez-vous qu’il y arrive sinon Jupiter ?  C’est vraiment le bordel l’Olympe avec tous ces K-soss qui branlent rien, la clope au bec en  picolant du gas-oil. On n’est pas à Katmandou, il a raison Benjamin !  En plus, Benjy, c’est un type qui a des convictions, une vraie rigueur en politique, c’est rare. Moi je le défends.

Il a commencé sa carrière au PS, comme Ségolène ou Strauss-Kahn, c’est dire qu’il en a des convictions, et des grosses. Il a même collaboré à un club de réflexion lancé par le même DSK, il était «sa plume». Je sais pas où DSK se la fourrait, c’est pas notre problème. Quand la muse nous habite (ou le contraire) il vaut mieux être la plume de DSK que le stylo à bille de Poutou.  Et puis si c’est pas la marque de l’abnégation et du sens du devoir, alors là qu’on m’explique. Par contre je ne sais pas à quoi ils réfléchissaient au juste, j’y étais pas non plus, mais on peut leur faire confiance. D’ailleurs DSK paraissait essoufflé. On sait pourquoi : cf http://karmatotal.unblog.fr/?p=52

Il a même fait partie du comité de campagne de Mollasson Ier, le roi du PIBas, en 2011. Cet homme ne peut pas être un hypocrite voyons. Et la clope il connaît, Benjy, puisqu’il a été aussi membre du ministère de Marisol Touraine, la fille à son papa, qui nous voulait du bien. Elle a réformé l’hôpital avec Benjy. Ouaip ! Ça marche comme sur des roulettes, maintenant. Enfin, ça marche avec des roulettes. C’est pareil, on va pas s’arrêter aux petits détails, sinon on n’en finit plus.

Bon alors on voit bien que Benjy, il est très fort et il est proche du peuple de la province, on peut le croire puisque c’est lui qui le dit : «Paris n’est pas la France, on souffre trop du monde médiatique qui se nourrit de députés franciliens». Ouhaou ! la classe ! t’as vu comment il envoie, Benjy, sur les bobos franciliens ? Un type vraiment près de la ruralité, je vous dis, d’ailleurs il le porte sur lui. Il a un petit côté «le bonheur est dans le prêt» qui n’a échappé à personne, quand il était à Bercy.

Par contre Benjy il fume pas, et il n’a pas de voiture qui roule au diesel. Peut-être n’a-t-il pas les moyens d’avoir un véhicule personnel, les fins de mois sont parfois difficiles pour de jeunes élus. Pourtant Benjy il est business-man dans l’âme, il disrupte trois fois par jour, après chaque repas, il n’attend pas après une paye d’homme politique élu à vie, non, non, non.

La preuve il avait décroché un super job juste en traversant la rue, attention en la traversant à pied pas en bagnole qui pue. C’est ça le problème en France : tout le monde veut traverser la rue pour atteindre des buts grandioses (serveur dans un McDo ou préposé aux frites dans un Kebab) mais les gens sont des feignasses ! Disons-le tout net : plus rien ne marche parce que tout ces gens (les gens : beuârk…) refusent de marcher. Ils prennent leurs bagnoles qui puent pour traverser la rue ! Avec la clope au bec, en plus ! C’est ça l’entreprise france (je ne mets plus la majuscule à france, c’est superfétatoire depuis l’avènement de la modernité) du XXIe siècle ?

Et qu’est-ce qu’il faisait Benjy pour gagner de quoi vivre un peu dignement quand même ? Il était dir-com (exactement directeur de la communication et des affaires publiques, ça veut dire lobbyiste en chef, je vous traduis) de la première société mondiale d’immobilier cotée en bourse du monde. Quand on est Benjy, on va pas bosser dans une station-service à Carrouf non plus. On a le sens de l’égologie.  Un peu de panache, saperlipopette !

En face de la rue qu’il avait traversée il y avait donc un siège social de la plus grande holding immobilière du monde qui lui a (gentiment) demandé d’utiliser son carnet d’adresse d’élu de la république (là aussi je laisse tomber la majuscule) pour bien s’assurer qu’aucun député et pote à lui n’aurait l’idée saugrenue d’abolir une niche fiscale dans l’immobilier. C’est vous dire si Benjy non seulement il traverse vachement vite même quand le petit bonhomme est rouge et qu’en plus il est proche du peuple. Il travaillait quasiment dans le bâtiment à cette époque. Enfin presque, vous m’emmerdez avec vos détails à la noix.

Il ne le faisait pas pour l’argent, mais par devoir civique et passion pour l’immobilier. Il n’était absolument pas payé pour ce travail. Hein, chapeau bas, ça force le respect. Benjy il travaillait gra-tui-te-ment !

Non, je plaisante : il touchait 17 000 balles par mois pour que personne ne touche aux niches fiscales.

Juste de quoi se payer son paquet de clopes et quelques litres de gas-oil dans sa Skoda.      … + les frais de dossier

 

 

 



Parce qu’elle le vaut(Quiez) bien…

Madame — pardon Mademoiselle — M***** M*******-L* P** (comptez bien les étoiles, le nombre y est), a récemment déclaré dans une feuille de chou ordinaire qu’elle pensait que M. Laurent W******Z, président de région Auvergne-Rhône Alpes de son état (c’est facile, là, je vous aide) était quelqu’un avec qui on pouvait discuter de projets en commun. Précisons tout de suite que le « on » ne vaut que pour elle. Personnellement cela ne me regarde pas, comme auraient dit les Inconnus. Elle se situe manifestement un peu à droite du monsieur sus-nommé mais ne dédaignerait pas décorer un peu ce flan droit qu’elle trouve fashionable. Elle a fait cette intéressante déclaration peu après avoir claqué le porte (en douceur mais trop quand même) du parti dont sa tante a hérité de son grand-père en attendant, j’imagine, la prochaine dévolution successorale. Notaire est un métier parfois compliqué.

Le problème, parce qu’il y en a un, réside dans le fait qu’on ne voit pas bien comment Mme M***** M*******-L* P** (j’aime bien quand ça reste anonyme) pourrait être à  «la droite de M. Wauquiez» à moins d’imaginer que l’hémicycle serait devenu circulaire et, dans ce cas, qu’elle se retrouve finalement à l’extrême gauche.  Dans l’hypothèse contraire, donc s’il s’agit toujours d’un demi-cercle (c’est la traduction «d’hémicycle» qui n’a jamais signifié «moitié de vélo» je le précise à l’intention des nombreux illettrés voleurs de poule qui se passionnent pour ce blog) , M***** M*******-L* P** (on dirait un mot de passe) risque de se retrouver très à l’étroit, à la droite de ce grand humaniste. De roucoulade en roucoulade, il pourrait bien accepter d’ailleurs (il n’a jamais été très difficile, il faut lui reconnaître au moins ce talent), mais pour se situer à droite de ce monsieur, la belle devra se faire contorsionniste, il ne s’agit pas seulement de se trémousser la crinoline devant des bad boys en limousine comme disait l’autre, il faut carrément être en caoutchouc.

C’est un vrai challenge comme on dit maintenant parce qu’on ne connaît plus le mot défi (pas grave, c’est quand même un mot français à l’origine, notre honneur est sauf). Ce pourrait être le prochain sujet des futures Présidentielles : «peut-on raisonnablement espérer une place à droite de M. Wauquiez ? »

N’oublions pas que Satan a toujours été à gauche (c’est pas moi qui le dis, c’est la Bible).

Professor Hait



La macro-onanisation

Ça y est ! C’est pour ainsi dire officiel ! Les Républicains (je suppose que les autres ne le sont pas, donc) se sont fait macroniser, non, pardon, MACRONISER.  Et sur une grande échelle, paraît-il. On parlerait même d’accident industriel, c’est dire. 

Mais qu’est-ce au juste que la macronisation ? Et bien, c’est une intronisation, mais en plus rapide, pour l’homme pressé du XXIème siècle en quelque sorte. Le geste reste souple et délié, mais le mouvement est nerveux, voire saccadé dans les grandes occasions. Une partie des LR, il faut le noter, a tenté d’opposer un refus catégorique (et courageux) à une telle intronisation aussi vigoureuse qu’étonnante, disant qu’il ne fallait quand même pas tout se permettre.

Las, entre se permettre et se faire mettre, même l’académicien le plus gâteux sait qu’il n’y a qu’un seul phonème, donc un seul pas. D’autres — beaucoup d’autres — aux chairs moins fermes et au passé plus mouvementé sans doute, se sont dit : « une fois de plus, une fois de moins, c’est pas ça qui va changer la fin de l’histoire. »

   À l’autre bout du spectre — non, je ne parle pas du président d’horreur d’un parti aux thèses inavouables, il est toujours en vie — on est parfois tenté par un ersatz (en Allemand dans le texte, ces gens-là sont nos maîtres quand même) de la macronisation, que l’on dénomme la « mélenchonisation ». Mais ça ne prend pas, seuls quelques communistes égarés, coincés dans le Gers depuis le pacte germano-soviétique se sont fait pécho. En tout, on pense qu’ils sont trois, autant dire que c’est anecdotique.

   Pourquoi la mélenchonisation pédale dans la choucroute alors que la macronisation fait un carton ? Question de méthode, essentiellement. La mélenchonisation se veut virile voire agressive mais tout passe par le verbe, alors forcément, c’est mou, presque désincarné. En face, on ne macronise pas avec des hologrammes, ah non pas de ça chez nous ! Du réel, du vrai, de l’authentique ! Il ne suffit pas de se cabrer dans une posture qui évoque vaguement un matador vegan pour pouvoir mélenchoniser à tout va. Chez les helpers du move à Emmanuel on l’a bien compris, avant d’entrer dans la REM, on ne se cabre plus, au contraire, on tortille, on ondule, on smurfe. Et puis vlan, la ruade.

Avant ET arrière. L’heure est aux grands projets, l’avenir appartient aux hommes d’action. Vas-y Manu.

Professor Hait



Le Grexit, ça m’excite.

Les Grecs n’ont pas besoin du FMI ( prononcez à l’américaine : « affamez »)  ou des conseils (avisés comme se doit) de la « Troïka ».  En fait du pognon leur suffirait. On ne peut pas leur en vouloir, c’est un choix de bon sens. Évidemment, ce pognon c’est un peu celui de notre livret A et de nos LDD (pour ceux qui en ont encore un). Mais à défaut d’avoir les poches pleines on peut essayer d’avoir les idées larges, ça ne coûte pas cher. Si j’ai correctement compris, ils veulent bien du flouze par paquet de douze mais ils sont plus réticents à l’idée de payer des impôts paraît-il.  Pour couronner  le tout ils arguent qu’ils n’ont plus un fifrelin pour les régler. Quelle excuse bidon, franchement !  De là à penser qu’ils sont tous comme Johnny Halliday, n’exagérons rien. Ils ont inventé la philosophie et ne passent que très rarement leurs vacances en Suisse. En outre, ceux que j’ai rencontrés chantaient plutôt pas mal. Rien à voir, donc.

Ils nous ont d’ailleurs opportunément rappelé que le nom « Europe » vient de leur langue, c’est ballot, à l’époque ils ont oublié de déposer un brevet. En revanche, « BCE », je crois que c’est allemand, non ?

Tous ces dirigeants européens sont vraiment impayables. Nous, nous serons impayés, rien de nouveau sous le soleil.   Et la France (phare des nations, lumière de l’univers), au fait, que fait-elle ?

 

… Ben rien, comme d’habitude, quoi.

 

Professor Hait

 

 

 



Des petits trous, des petits trous…

Texte du sermon sur le sommet de la montagne,

tel que rapporté par le spéléologue survivant de l’expédition.

« A mesure que la faveur et les grands biens

se retirent d’un homme, ils laissent voir

le ridicule qu’ils couvraient,

et qui y étaient sans que personne s’en aperçût. »

Jean de la Bruyère, Les Caractères,

Des biens de Fortune, 4.

 

Un trou ? Quel trou ? Je vous le dis, en vérité, ceci n’est plus un trou, c’est un précipice, un maelström, que dis-je, un abîme, un de ces « gouffres amers » qu’affectionnait tant Charles Baudelaire et, par la suite, le Commandant Cousteau. Les fosses du diable remontent à la surface, entend-on ici ou là, mais non, pas du tout, c’est nous qui descendons. De quoi s’agit-il donc ? De la Chute, bien entendu, non pas celle de Lucifer — encore que — mais celle de la finance mondiale. Les deux se ressemblent par bien des points. Lucifer, l’archange de la lumière, sera condamné à vivre comme un ver dans l’obscurité la plus profonde semblable à nos « golden boys » disposant comme se doit de parachutes « dorés » qui nous feront basculer comme autant de vermines que nous sommes, du côté obscur de la force : « Jeudi noir », « Lundi noir », semaine « noire », « blackout », bref les ampoules se grillent les unes après les autres. Et tout cet argent, où va-t-il ?

Dans un gros trou nous dit-on. Un trou « noir » probablement, puisque jamais nous ne reverrons ce pognon qui fut parfois le nôtre, de cela nous fûmes dûment avertis. Ces gouffres sont quand même tout à fait extraordinaires, à avaler ainsi la richesse de l’Amérique et du monde sans jamais régurgiter le moindre petit bifton.

Puisque l’abîme est à nos portes, il serait temps que nous nous penchions sur un de ces trous (après avoir connu l’ivresse des sommets cela me paraît salutaire). Commençons tout d’abord par la grande question que tout le monde se pose ― du moins je l’imagine : « qu’est-ce qu’un trou avec du vide autour ? » La réponse est simple, nous la connaissons désormais : une crise financière.

Ce trou ― chacun le sait à présent ― s’est constitué par l’effondrement naturel d’une roche particulièrement friable (roche souterraine et primordiale forée par des américains d’où son nom : subprime) qui a entraîné par capillarité la totalité du système financier international et, subséquemment, des bourses de tous les pays qui en avaient (des bourses, of course). Les fondamentaux se sont mis à zouquer ferme et sont partis en vrille dans le fondement de la… du… enfin, le nôtre, a priori.

Et, encore plus conséquemment, cela continue d’entraîner la mort par famine aggravée des habitants des contrées les plus pauvres. Mais on s’en fout ? D’accord. Revenons donc au sujet : qu’est-ce qu’un trou ? Un trou est une sorte de rien agglutiné en paquet. Oui, un gros paquet de rien. Un abîme, lui, est un vide immense avec ― ou non ― une rivière souterraine au fond, tandis que le néant est une espèce de rien très compressé, d’une densité presque absolue qui fout les jetons. Le néant est tellement vide de tout qu’il en est inconcevable pour des esprits humains, même endemolisés depuis de longues années. Heureusement les discours politiques viennent nous donner sinon le goût, du moins l’aperçu de ce que peut être le néant :  « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » disait Blaise Pascal (qui n’était pas la moitié d’un con) sans doute après avoir entendu un discours présidentiel durant ces dix dernières années.

Pourquoi, me direz-vous, du vide autour du rien ? Élémentaire mon cher Macron ! Le cratère d’effondrement provoqué par la remontée du magma dit des « créances pourries » (magma très chaud et particulièrement visqueux à ce que j’ai cru comprendre) a été comblé par de l’argent que personne n’avait puisque c’est de l’argent de l’État et que l’État est en faillite, nous l’avons appris d’un homme de paille en herbe, brillant cireur de chaussures récemment victime d’un coup de pompe. Donc qu’il n’a plus d’argent. Vous me suivez … ?

Ce trou plein de rien a été rempli par du vide, CQFD. Le grand gouffre d’effondrement a par conséquent été réparti en une multitude de petit trous dans chacune de nos petites poches, et hop-hop-hop, ni vu ni connu : le néant n’est plus visible qu’au fond de nos pantalons. C’est pour cela que nous ne parlons plus de l’abîme et que les grands hommes qui nous gouvernent, ou prétendent le faire, ripaillent en chœur avec un sourire satisfait. En revanche nos pantalons font un bruit bizarre quand on s’assoit, désormais. Peu importe, tous les dossiers importants sont dans des chemises, et les retraites des Puissants se trouvent bien au chaud dans leurs chapeaux (à l’emplacement exact du cerveau qui ne sert plus à rien depuis qu’on a inventé l’ENA).

De sommets du « j’ai 8 » (ce qui ne fait pas beaucoup) en sommets du « G vain », l’abîme s’effondre et se disloque en une profusion de petits trous portatifs et individuels, bien plus maniables, beaucoup plus pratiques et surtout infiniment plus discrets.

L’heure est au trou personnalisé, propre et autonome, à la taille proportionnelle à son porteur et indexé sur sa capacité de résistance au néant. Quand tous les zéros du monde sortiront les mains de leurs poches de pantalons troués ils pourront enfin se retrousser les manches pour brasser du vent ; alors les abîmes de la finance se transformeront en un gigantesque trou d’air, ce qui aurait dû être fait depuis longtemps.

Ainsi la paix régnera sur terre et tout le monde se fera l’abysse.

Professeur Hait

PS : le monde, enfin la France — quelle différence ? — vient de se souvenir qu’il existe un autre type de trou : ceux que font des kalashnikov maniées par des abrutis à demi illettrés gavés de propagande dans la liberté d’expression. Et, accessoirement, dans le corps de types plutôt sympa qui nous faisaient bien marrer. Une question subsiste : existe-t-il un rapport entre tous ces trous ? D’aucuns parlent de sommet de la bêtise…




Archives pour la catégorie Chroniques du Professor Hait

Trop de notes !

       Mme la ministre de la méséducation nationale a eu une idée géniale ! Convoquer trente personnes pour faire un sort à la note dans l’enseignement secondaire, et bientôt supérieur, n’en doutons pas. En effet les notes ne servent à rien, on le savait déjà, notamment les mauvaises, puisqu’elles n’empêchent ni de passer dans la classe supérieure ni d’obtenir son baccalauréat. Comme le disent tous les Saliéri de l’égalité des chances à nos Mozart de l’haurtograph : « trop de notes ! ». Elles seront donc inéluctablement remplacées dans un proche avenir par une notation à « l’américaine » (pays dont on connaît les performances en matière d’éducation publique) mais au lieu d’avoir A, B, C, D, E ce qui risquerait encore de traumatiser les élèves (surtout pour ceux qui auraient de B à E, quel scandale!) je propose à Mme la mini(stre) de mettre TB (pour Très Bien) —  il faut tout expliquer sinon les djeuns y captent pô, c’est pour ça qu’ils faut leur enlever les notes parce qu’il ne les comprennent pas, c’est la ministre qui nous le dit, alors c’est vrai. Bref, les jeunes sont tous des cons incapables de comprendre une annotation sur une copie. E (pour excellent) ou EE (pour excellentissime). Il faudra faire attention toutefois à cette dernière notation, car au train où vont les choses, nos futurs enseignants ne sauront plus s’il faut deux « s », deux « t », ou deux « m », ou bien rien de tout cela finalement. Et puis les élèves qui n’auront que TB pourraient se sentir — à juste titre — lésés et développer par la suite une phobie scolaire de bon aloi. Il ne manquerait plus que ce soit Mozart qu’on assassine ! Les notes sont insupportables en cela qu’elles permettent de distinguer les élèves qui travaillent et se cultivent, des autres. Ce qui ne sert à rien puisqu’on le sait tous, la condition nécessaire (et désormais suffisante) pour avoir une belle situation grassement rémunérée est d’avoir du « réseau », joli terme emprunté au monde numérique (avant l’avènement de l’informatique on employait le mot « piston » qui fleurait bon les lois de la thermodynamique et la puissance propulsive d’un bon carnet d’adresses). Mme la Sinistre a tout à fait raison : pourquoi continuer l’hypocrisie des notes dans la mesure où la réalité nous montre que c’est le « réseau » qui compte ? Ou alors il faudrait mettre le « réseau » comme LV1 obligatoire. On donnerait au moins 20 à tous les fils et filles de… Sans compter que les notes, horreur suprême !, montrent sans discussion que les fils de profs s’en sortent mieux que les autres. Injustice ! Barbarie ! Faute lourde ! Ces fainéants de profs, grosses loutres payées à prix d’or (en France c’est du plaqué mais peu importe) pour que leurs enfants trustent les meilleures places dans les concours d’accès aux plus belles écoles. Le goulag ! La guillotine ! Le tripalium ! (c’est l’étymologie du mot travail, ça tombe bien). Pourquoi étudier la façon dont les profs éduquent leurs enfants vis-à-vis de l’école et du savoir (lecture, musées, peu ou pas de télé, etc.) pour donner aux familles les moyens de faire la même chose et de tirer leurs enfants vers le haut ? Alors qu’on peut tout simplement supprimer les notes, et ça fera le même effet, tout le monde se retrouvera au même niveau, enfin… à un niveau identique.

Non, finalement, la bonne solution serait de mettre de vraies notes… de musique. La référence dans ce domaine n’est pas ce chenapan de Wolgang, trop doué pour être honnête car il convient de se méfier de l’élite, nous le savons désormais, mais Beethoven. Un musicien sourd, ça c’est la classe. D’ailleurs, le cabinet de la ministre recherche également un peintre aveugle pour rédiger les programmes d’arts plastiques, si vous en connaissez un… En ce qui concerne les notes il sera nécessaire de filtrer, bien entendu. Sol et bémol sont à exclure, ça rime trop avec « mongol » mais dièse, au contraire, rime avec « balèse », tout comme mi et si avec « génie » (enfin à peu près, mais de toute façon, dans l’éducnat, on va tous devenir des apeupristes). Do rime avec dodo, pas mal pour les activités culturelles de l’après-midi. Pour la crème de l’élite on aurait une petite chansonnette : « Au clair de la lune » t’es polytechnicien, et « frère Jacques » suppose au moins l’ENA. « Tata yoyo » serait une bonne base pour IEP Paris.

IEP Paris ? Tiens, comme Mme Vallaud-Belkacem.

Professor Hait

The last Valls

 

Notre bon Sir Emmanuel a déclaré il y  a peu qu’il était  « là jusqu’en 2017  » . Nous saluons sa lucidité : il lui sera effectivement très difficile de rester « là » en 2018 mais gageons que les poubelles de l’histoire lui assureront encore des émoluments extrêmement  confortables pour ses vieux jours. Son vieux copain de scooter PIBas (l’autre nom de ce pays terriblement au-dessous de l’amer) le lui a assuré, paraît-il, avant de tourner Kazakh (une fois de plus) chez ses amis Mongoliens. J’ai vu la photo : il est plus vrai que nature à part la toque, un peu grande (c’est fait pour un cerveau normal). Mais il ne faut pas oublier qu’il a eu un pet au casque il n’y a pas si longtemps pour avoir voulu s’ e.gayet un peu.

Sir Emmanuel premier sinistre jusqu’à la fin du mandat (du « ment-dur » plutôt) : c’est donc bien vrai qu’il n’y a plus personne au PS ? Où sont-ils passés ? Tous reconvertis dans une bonne gâche européenne comme les Laurel et Hardy des ministères régaliens, Moscovici et Peillon, ou partis pantoufler dans le leader chips en marinière Montebourg ?

Dans les années 70 un groupe nommé … « le groupe » (The Band, vachement original) accompagnateur de Dylan entre autres, avait choisi d’arrêter à cause de la route et des morts qu’elle sème (on repense au scooter, il n’y a de la chance que pour la canaille) et, pour l’occasion, les membres de l’orchestre avaient choisi d’inviter tous leurs potes musicos dans un triple album intitulé « The last Waltz » . Après écoute, il faut quand même reconnaître que c’était une grosse chose un peu inutile, très boursouflée et sans grand intérêt.

C’est sûrement le nom qui veut ça.

 

Professor Hait

 

Que le personnel s’amuse ! …

Le ministre de l’Éducation Nationale, M. Payons (je ne suis pas tout à  fait sûr de l’orthographe) était questionné naguère sur une station de radio bien en cour. Il a défendu comme prévu son projet de garderie municipale au primaire et fait savoir son intention ferme et définitive de réformer enfin (mouahahaha !) l’enseignement secondaire. Le but, puisqu’il apparaît complètement incongru à ce bon ministre agrégé et docteur en  philosophie de faire travailler les élèves (il faut dire qu’il a enseigné — un peu — à Neuilly entre deux trous d’air électoraux, ce qui ne pose jamais de gros problèmes pédagogiques), est donc de faire travailler plus les professeurs. C’est forcément une bonne idée, il faut bien compenser.
Mais sans les payer plus, période de restriction budgétaire oblige, dixit M. Peillon (ça y est, l’orthographe exacte me revient). Evidemment le journaliste qui connaissait un peu ses dossiers lui a fait remarquer que les professeurs français sont moins bien payés (à travail égal) que les professeurs allemands, anglais, néerlandais, suisses, danois, finnois, autrichiens, luxembourgeois etc. si on observe les salaires au bout de 15 ans de carrière. Le même journaliste lui a rappelé (avec déférence comme il se doit) que les enseignants en France se situaient en fait au 22ème rang en ce qui concerne leur rémunération (ce qui n’est le cas ni des députés, ni des ministres, Haaa ! nous voilà soulagés). En queue de peloton par conséquent, mais quand même devant les Turcs, les Hongrois et les Tchèques (en bois ?)… ouf ! De quoi se plaint-on, je vous le demande ?
Pourtant le ministre ne s’est pas démonté (c’est normal, il est ministre), et afin de  justifier ces deux bonnes idées (je ne sais pas si ce sont les siennes ou simplement un emprunt, j’emploie donc le démonstratif), il a eu cet argument imparable quoique très éculé : « De toute façon ceux qui ont choisi l’enseignement ne l’ont pas fait pour l’argent. » On comprend pourquoi il est  revenu à la politique ventre à terre après deux ans de servage dans un lycée parisien, notre bon ministre. C’est humain : la gamelle est franchement meilleure.
Il paraît pourtant que la politique est aussi un métier de vocation. Pourrait-on alors se pencher sur les régimes ultra-spéciaux de retraite des députés, ministres et sénateurs, ainsi que sur leurs émoluments si généreux, puisque ces gens-là n’ont pas choisi la politique pour l’argent ? Ca changerait un peu. Il est d’ailleurs étrange que la Cour des Comptes si prompte à fustiger les turpitudes financières de l’État (sauf les siennes mais parce qu’il n’y a rien à en dire, forcément), à  dénoncer la gabegie dans l’Éducation Nationale, la Police, la Santé, ne se soit pas encore emparée du sujet. Oui, à la réflexion, c’est très bizarre. Les éminents représentants de cette docte assemblée vont sans aucun doute s’y intéresser sous peu. Ils sont déjà en train d’y travailler, à mon avis. Le rapport est déjà sorti ? Non ? Pas encore ! C’est pour  bientôt, n’en doutons pas.
Ce monsieur Peillon est décidément impayable, et nous, nous sommes impayés.  Pour l’instant, ce sont  donc toujours les mêmes qui se font éculer…

Professor Hait

Fôpagavélezélèv

Je viens de lire sur un site d’information de gauche, le billet d’un professeur d’histoire qui vitupérait contre la « récupération du mouvement de protestation contre la réforme des rythmes scolaires par la droite ». Dans ce texte, la phrase suivante me percuta violemment l’encéphale gauche : « (…) le Front national réclamant de remplacer les activités de l’après-midi par deux heures de français supplémentaires, dont pourtant les écoliers sont gavés » (c’est moi qui souligne). Il apparaît donc à ce monsieur professant l’histoire et la pensée que les écoliers sont « gavés » de français. Fichtre ! Sapristi, même ! Quand je constate le niveau de maîtrise de notre langue par les jeunes gens dont j’ai eu l’honneur de corriger les copies ou que j’ai simplement côtoyés  — alors même que beaucoup ne demandent qu’à apprendre à l’utiliser correctement — je me demande si je vis dans le même pays que ce brave collègue qui n’en peut mais.
Ceci me rappelle d’ailleurs une anecdote croustillante. Il y a quelques années, pénétrant (avec déférence comme ce doit) dans une salle naguère dévolue aux célèbres IUFM (non, ce n’est pas l’Institut d’Urologie des Fonds Marins qui prétendait apprendre aux matelots à pisser contre le vent sans se faire asperger) je fus frappé de stupeur à la lecture d’une phrase qui ornait son mur principal.
« IL N’EST PAS NÉCESSAIRE DE COMPRENDRE TOUS LES MOTS D’UN TEXTE POUR COMPRENDRE CE TEXTE.» claironnait fièrement cette sentence imbécile, fruit douteux de la macération rance d’imprécations pédagogiques pour enseignants gâteux et élèves soumis. On peut ainsi comprendre un texte  sans comprendre le sens des mots qui le composent. Certes. Mais que comprend-on alors ? Un vague « sens général » dont il faudra bien de plus en plus se contenter… Car depuis 25 ans de réformes continuelles, un élève, du CP à la terminale L, a perdu en moyenne un millier d’heures de français au profit de matières plus « porteuses », au point qu’il ne suffira bientôt pas, pour réaliser la fameuse égalité des chances, d’une grande réforme de l’HAURTOGRAF, que certains appellent de leurs vœux mais bien de sa suppression pure et simple, avec la conjugaison tant qu’on y est, ça ne sert pas à grand-chose puisqu’on peut comprendre un texte sans cela.
Je viens justement de terminer un cours en CPGE littéraire 2ème année, cours pendant lequel j’ai expliqué (entre autres) les différentes règles d’accord du participe passé avec les verbes être, avoir, pronominaux, suivis ou non d’un infinitif, etc. Je dis bien que j’ai « expliqué » et non pas « ré-expliqué », car mes braves élèves, pourtant censés faire partie de l’élite intellectuelle de la nation, catégorie terriblement odieuse aux yeux de tous les pédagogues qui semblent n’accorder leur grâce qu’à des classes peuplées de demi-illettrés à la casquette en oreille de lapin et au crachat redoutable ; mes braves élèves, donc, n’avaient jamais entendu parler des deux dernières règles.
« Mais ça ne sert à rien ! » s’écriera notre brave professeur prêt à faire barrage de son corps pour endiguer la montée résistible des idées nauséabondes du FN. Je le comprends, il est effectivement dommageable pour l’avenir de nos démocraties flasques que la voix de la raison soit désormais incarnée (sur ce sujet en tout cas) par le parti du « point de détail ». C’est dire à quel étiage se situe la pensée politique dans ce beau pays. Alors pour répondre à ce brave professeur d’histoire, dont le décervelage fut manifestement une réussite éclatante, c’est vrai : Fôpagavélezélèv.
Cher collègue, c’est vous qui avez sans doute raison (puisque vous représentez la modernité) : les mots, les conjugaisons, les dictionnaires, tout ça ne sert à rien.

Ah, si, peut-être… à se comprendre quand on se parle ? Bon, cela dit, pourquoi essayer de comprendre quand il suffit d’obéir ?

Ouais, finalement ça ne sert à rien.

Professor Hait

Qu’est-ce qu’un écrivain ?

Léo Scheer, personnage ordinairement célébrissime que je ne connaissais pas il y a encore quelques années — mais j’ai des excuses, j’habite à la campagne, le jour je travaille, la nuit, je lis, j’écris, je dors un peu, je n’ai donc pas le temps d’aller aux cocktails — a déclaré :
« Qu’est-ce qu’un écrivain ? Quelqu’un qui a un éditeur ! »
Passons sur la cuistrerie grammaticale qui consiste à poser la question et à donner la réponse en un seul mouvement syntaxique, et regardons le fond de  l’affaire. M. Scheer, qui porte manifestement bien son nom, tant il est un produit de l’élite politico-médiatico-financière qui nous dirige, ou prétend le faire, est lui-même éditeur, ce qui se devine aisément.
Il enseigne en outre, enfin, « de plus », je ne voudrais pas qu’il y ait de méprise, la sociologie à l’ENA, à Polytechnique et aux Ponts et Chaussées après avoir obtenu un doctorat dans cette discipline, pour autant que cela en soit une, en 1972 à Paris V, autant dire pas grand-chose vu le contexte culturel de cette faculté 4 ans après mai 68.
Manifestement cela suffit  quand on a « travaillé son réseau » puisque le voilà bien vite bombardé chef de quelque-chose-quelque-part (au Plan d’abord puis dans quelque antichambre juteuse d’une arrière cour de l’Etat sans doute) enfin, de couloirs en petits fours, directeur du développement du Cékoidonc chez Havas où il invente … Canal +, si l’on en croit les bruissements de la presse et les divers entretiens dans lesquels sa Majesté Médiatique daigne nous éclairer sur son rôle éminent dans le monde d’hier, d’aujourd’hui et de demain, en attendant après-demain. Inventer Canal + c’est un peu moins bien que découvrir l’eau chaude, en tout cas beaucoup moins utile. Mais son Altesse avait vu juste et loin, nous précise-t-il. Il est d’ailleurs parti d’Havas (1er propriétaire de Canal) pour Publicis (ce monsieur a fait son beurre dans la réclame, c’est son droit) le premier jour d’antenne de cette chaîne semi-cryptée totalement beauf témoignant ainsi, bien involontairement, de l’inanité profonde de cette pathétique innovation pseudo culturelle.
Inspiration subite ? Éclair de lucidité ? Hasard de calendrier ? Nous l’ignorons. Transfert lucratif ? Nous le subodorons… La sociologie mène à tout, surtout au business, les individus peuplant cette caste d’inutiles ayant commencé par remplacer la culture par l’érudition puis l’érudition par la pub, finissent invariablement par se spécialiser dans l’enfumage. M. Scheer représente ainsi l’archétype de cette catégorie d’infatigables donneurs de leçons pérorant dans des médias dont l’inculture crasse n’a d’égal que la servilité obséquieuse. L’essentiel des journaux, radios et télévisions est financé par les annonceurs, ne l’oublions pas. Il est donc de la plus haute importance que notre presse, y compris audiovisuelle, rende grâce à ceux qui lui sont si Scheer. Un homme passé par Havas, Publicis, quelques bureaux officiellement officieux par-ci par-là, la sociologie, l’enseignement à l’ANE, pardon, l’ENA (je les confonds) ne peut qu’être un ami de tout journaliste qui respecte son frigidaire.
Ainsi M. Scheer a créé ses propres éditions avec tout son cœur et son portefeuille… de relations (il ferait beau voir qu’il payât de sa propre bourse en plus !). Il pourrait donc avoir une opinion sur la littérature, une opinion sur rue bien évidemment, ce ne serait pas si Scheer payé. Et bien non ! Ce brave Léo — permettez ? — n’a pas d’opinion ;  comme la plupart de ses confrères en état de misère intellectuelle il a bien mieux :  une définition ! C’est à cela d’ailleurs que l’on reconnaît le sociologue : authentique spécialiste de tout, il n’a pas d’avis, uniquement des certitudes. Certains échappent fort heureusement à ce destin funeste mais ils sont rares. Ce Scheer Léo n’est pas du nombre, vous l’avez compris. Il sait par conséquent, non pas ce qu’est la littérature, car il faut avoir beaucoup lu pour comprendre qu’on n’en saura jamais rien, mais ce qu’est un écrivain. Un écrivain est quelqu’un qui connaît quelqu’un. Pas n’importe quel « quelqu’un », quelqu’un comme ce Scheer Léo.
Ouf ! je suis sauvé. Je sais (de source sûre, ce Léo n’est pas n’importe qui) que je ne suis pas et ne serai jamais un écrivain. Ça me soulage énormément car comme le disait si justement Roland Topor : « Le dessin et l’écriture sont deux moyens de salir le papier. Il en existe d’autres. »

Cette chronique est à présent terminée. La prochaine sera consacrée à la grave et préoccupante question : « Qu’est-ce qu’un con ? »

Une idée M. Scheer ?

                                                                                                                                                                                                Professor Hait

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