Parce qu’elle le vaut(Quiez) bien…

Madame — pardon Mademoiselle — M***** M*******-L* P** (comptez bien les étoiles, le nombre y est), a récemment déclaré dans une feuille de chou ordinaire qu’elle pensait que M. Laurent W******Z, président de région Auvergne-Rhône Alpes de son état (c’est facile, là, je vous aide) était quelqu’un avec qui on pouvait discuter de projets en commun. Précisons tout de suite que le « on » ne vaut que pour elle. Personnellement cela ne me regarde pas, comme auraient dit les Inconnus. Elle se situe manifestement un peu à droite du monsieur sus-nommé mais ne dédaignerait pas décorer un peu ce flan droit qu’elle trouve fashionable. Elle a fait cette intéressante déclaration peu après avoir claqué le porte (en douceur mais trop quand même) du parti dont sa tante a hérité de son grand-père en attendant, j’imagine, la prochaine dévolution successorale. Notaire est un métier parfois compliqué.

Le problème, parce qu’il y en a un, réside dans le fait qu’on ne voit pas bien comment Mme M***** M*******-L* P** (j’aime bien quand ça reste anonyme) pourrait être à  «la droite de M. Wauquiez» à moins d’imaginer que l’hémicycle serait devenu circulaire et, dans ce cas, qu’elle se retrouve finalement à l’extrême gauche.  Dans l’hypothèse contraire, donc s’il s’agit toujours d’un demi-cercle (c’est la traduction «d’hémicycle» qui n’a jamais signifié «moitié de vélo» je le précise à l’intention des nombreux illettrés voleurs de poule qui se passionnent pour ce blog) , M***** M*******-L* P** (on dirait un mot de passe) risque de se retrouver très à l’étroit, à la droite de ce grand humaniste. De roucoulade en roucoulade, il pourrait bien accepter d’ailleurs (il n’a jamais été très difficile, il faut lui reconnaître au moins ce talent), mais pour se situer à droite de ce monsieur, la belle devra se faire contorsionniste, il ne s’agit pas seulement de se trémousser la crinoline devant des bad boys en limousine comme disait l’autre, il faut carrément être en caoutchouc.

C’est un vrai challenge comme on dit maintenant parce qu’on ne connaît plus le mot défi (pas grave, c’est quand même un mot français à l’origine, notre honneur est sauf). Ce pourrait être le prochain sujet des futures Présidentielles : «peut-on raisonnablement espérer une place à droite de M. Wauquiez ? »

N’oublions pas que Satan a toujours été à gauche (c’est pas moi qui le dis, c’est la Bible).

Professor Hait



La macro-onanisation

Ça y est ! C’est pour ainsi dire officiel ! Les Républicains (je suppose que les autres ne le sont pas, donc) se sont fait macroniser, non, pardon, MACRONISER.  Et sur une grande échelle, paraît-il. On parlerait même d’accident industriel, c’est dire. 

Mais qu’est-ce au juste que la macronisation ? Et bien, c’est une intronisation, mais en plus rapide, pour l’homme pressé du XXIème siècle en quelque sorte. Le geste reste souple et délié, mais le mouvement est nerveux, voire saccadé dans les grandes occasions. Une partie des LR, il faut le noter, a tenté d’opposer un refus catégorique (et courageux) à une telle intronisation aussi vigoureuse qu’étonnante, disant qu’il ne fallait quand même pas tout se permettre.

Las, entre se permettre et se faire mettre, même l’académicien le plus gâteux sait qu’il n’y a qu’un seul phonème, donc un seul pas. D’autres — beaucoup d’autres — aux chairs moins fermes et au passé plus mouvementé sans doute, se sont dit : « une fois de plus, une fois de moins, c’est pas ça qui va changer la fin de l’histoire. »

   À l’autre bout du spectre — non, je ne parle pas du président d’horreur d’un parti aux thèses inavouables, il est toujours en vie — on est parfois tenté par un ersatz (en Allemand dans le texte, ces gens-là sont nos maîtres quand même) de la macronisation, que l’on dénomme la « mélenchonisation ». Mais ça ne prend pas, seuls quelques communistes égarés, coincés dans le Gers depuis le pacte germano-soviétique se sont fait pécho. En tout, on pense qu’ils sont trois, autant dire que c’est anecdotique.

   Pourquoi la mélenchonisation pédale dans la choucroute alors que la macronisation fait un carton ? Question de méthode, essentiellement. La mélenchonisation se veut virile voire agressive mais tout passe par le verbe, alors forcément, c’est mou, presque désincarné. En face, on ne macronise pas avec des hologrammes, ah non pas de ça chez nous ! Du réel, du vrai, de l’authentique ! Il ne suffit pas de se cabrer dans une posture qui évoque vaguement un matador vegan pour pouvoir mélenchoniser à tout va. Chez les helpers du move à Emmanuel on l’a bien compris, avant d’entrer dans la REM, on ne se cabre plus, au contraire, on tortille, on ondule, on smurfe. Et puis vlan, la ruade.

Avant ET arrière. L’heure est aux grands projets, l’avenir appartient aux hommes d’action. Vas-y Manu.

Professor Hait



Le Grexit, ça m’excite.

Les Grecs n’ont pas besoin du FMI ( prononcez à l’américaine : « affamez »)  ou des conseils (avisés comme se doit) de la « Troïka ».  En fait du pognon leur suffirait. On ne peut pas leur en vouloir, c’est un choix de bon sens. Évidemment, ce pognon c’est un peu celui de notre livret A et de nos LDD (pour ceux qui en ont encore un). Mais à défaut d’avoir les poches pleines on peut essayer d’avoir les idées larges, ça ne coûte pas cher. Si j’ai correctement compris, ils veulent bien du flouze par paquet de douze mais ils sont plus réticents à l’idée de payer des impôts paraît-il.  Pour couronner  le tout ils arguent qu’ils n’ont plus un fifrelin pour les régler. Quelle excuse bidon, franchement !  De là à penser qu’ils sont tous comme Johnny Halliday, n’exagérons rien. Ils ont inventé la philosophie et ne passent que très rarement leurs vacances en Suisse. En outre, ceux que j’ai rencontrés chantaient plutôt pas mal. Rien à voir, donc.

Ils nous ont d’ailleurs opportunément rappelé que le nom « Europe » vient de leur langue, c’est ballot, à l’époque ils ont oublié de déposer un brevet. En revanche, « BCE », je crois que c’est allemand, non ?

Tous ces dirigeants européens sont vraiment impayables. Nous, nous serons impayés, rien de nouveau sous le soleil.   Et la France (phare des nations, lumière de l’univers), au fait, que fait-elle ?

 

… Ben rien, comme d’habitude, quoi.

 

Professor Hait

 

 

 



Des petits trous, des petits trous…

Texte du sermon sur le sommet de la montagne,

tel que rapporté par le spéléologue survivant de l’expédition.

« A mesure que la faveur et les grands biens

se retirent d’un homme, ils laissent voir

le ridicule qu’ils couvraient,

et qui y étaient sans que personne s’en aperçût. »

Jean de la Bruyère, Les Caractères,

Des biens de Fortune, 4.

 

Un trou ? Quel trou ? Je vous le dis, en vérité, ceci n’est plus un trou, c’est un précipice, un maelström, que dis-je, un abîme, un de ces « gouffres amers » qu’affectionnait tant Charles Baudelaire et, par la suite, le Commandant Cousteau. Les fosses du diable remontent à la surface, entend-on ici ou là, mais non, pas du tout, c’est nous qui descendons. De quoi s’agit-il donc ? De la Chute, bien entendu, non pas celle de Lucifer — encore que — mais celle de la finance mondiale. Les deux se ressemblent par bien des points. Lucifer, l’archange de la lumière, sera condamné à vivre comme un ver dans l’obscurité la plus profonde semblable à nos « golden boys » disposant comme se doit de parachutes « dorés » qui nous feront basculer comme autant de vermines que nous sommes, du côté obscur de la force : « Jeudi noir », « Lundi noir », semaine « noire », « blackout », bref les ampoules se grillent les unes après les autres. Et tout cet argent, où va-t-il ?

Dans un gros trou nous dit-on. Un trou « noir » probablement, puisque jamais nous ne reverrons ce pognon qui fut parfois le nôtre, de cela nous fûmes dûment avertis. Ces gouffres sont quand même tout à fait extraordinaires, à avaler ainsi la richesse de l’Amérique et du monde sans jamais régurgiter le moindre petit bifton.

Puisque l’abîme est à nos portes, il serait temps que nous nous penchions sur un de ces trous (après avoir connu l’ivresse des sommets cela me paraît salutaire). Commençons tout d’abord par la grande question que tout le monde se pose ― du moins je l’imagine : « qu’est-ce qu’un trou avec du vide autour ? » La réponse est simple, nous la connaissons désormais : une crise financière.

Ce trou ― chacun le sait à présent ― s’est constitué par l’effondrement naturel d’une roche particulièrement friable (roche souterraine et primordiale forée par des américains d’où son nom : subprime) qui a entraîné par capillarité la totalité du système financier international et, subséquemment, des bourses de tous les pays qui en avaient (des bourses, of course). Les fondamentaux se sont mis à zouquer ferme et sont partis en vrille dans le fondement de la… du… enfin, le nôtre, a priori.

Et, encore plus conséquemment, cela continue d’entraîner la mort par famine aggravée des habitants des contrées les plus pauvres. Mais on s’en fout ? D’accord. Revenons donc au sujet : qu’est-ce qu’un trou ? Un trou est une sorte de rien agglutiné en paquet. Oui, un gros paquet de rien. Un abîme, lui, est un vide immense avec ― ou non ― une rivière souterraine au fond, tandis que le néant est une espèce de rien très compressé, d’une densité presque absolue qui fout les jetons. Le néant est tellement vide de tout qu’il en est inconcevable pour des esprits humains, même endemolisés depuis de longues années. Heureusement les discours politiques viennent nous donner sinon le goût, du moins l’aperçu de ce que peut être le néant :  « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » disait Blaise Pascal (qui n’était pas la moitié d’un con) sans doute après avoir entendu un discours présidentiel durant ces dix dernières années.

Pourquoi, me direz-vous, du vide autour du rien ? Élémentaire mon cher Macron ! Le cratère d’effondrement provoqué par la remontée du magma dit des « créances pourries » (magma très chaud et particulièrement visqueux à ce que j’ai cru comprendre) a été comblé par de l’argent que personne n’avait puisque c’est de l’argent de l’État et que l’État est en faillite, nous l’avons appris d’un homme de paille en herbe, brillant cireur de chaussures récemment victime d’un coup de pompe. Donc qu’il n’a plus d’argent. Vous me suivez … ?

Ce trou plein de rien a été rempli par du vide, CQFD. Le grand gouffre d’effondrement a par conséquent été réparti en une multitude de petit trous dans chacune de nos petites poches, et hop-hop-hop, ni vu ni connu : le néant n’est plus visible qu’au fond de nos pantalons. C’est pour cela que nous ne parlons plus de l’abîme et que les grands hommes qui nous gouvernent, ou prétendent le faire, ripaillent en chœur avec un sourire satisfait. En revanche nos pantalons font un bruit bizarre quand on s’assoit, désormais. Peu importe, tous les dossiers importants sont dans des chemises, et les retraites des Puissants se trouvent bien au chaud dans leurs chapeaux (à l’emplacement exact du cerveau qui ne sert plus à rien depuis qu’on a inventé l’ENA).

De sommets du « j’ai 8 » (ce qui ne fait pas beaucoup) en sommets du « G vain », l’abîme s’effondre et se disloque en une profusion de petits trous portatifs et individuels, bien plus maniables, beaucoup plus pratiques et surtout infiniment plus discrets.

L’heure est au trou personnalisé, propre et autonome, à la taille proportionnelle à son porteur et indexé sur sa capacité de résistance au néant. Quand tous les zéros du monde sortiront les mains de leurs poches de pantalons troués ils pourront enfin se retrousser les manches pour brasser du vent ; alors les abîmes de la finance se transformeront en un gigantesque trou d’air, ce qui aurait dû être fait depuis longtemps.

Ainsi la paix régnera sur terre et tout le monde se fera l’abysse.

Professeur Hait

PS : le monde, enfin la France — quelle différence ? — vient de se souvenir qu’il existe un autre type de trou : ceux que font des kalashnikov maniées par des abrutis à demi illettrés gavés de propagande dans la liberté d’expression. Et, accessoirement, dans le corps de types plutôt sympa qui nous faisaient bien marrer. Une question subsiste : existe-t-il un rapport entre tous ces trous ? D’aucuns parlent de sommet de la bêtise…



Trop de notes !

       Mme la ministre de la méséducation nationale a eu une idée géniale ! Convoquer trente personnes pour faire un sort à la note dans l’enseignement secondaire, et bientôt supérieur, n’en doutons pas. En effet les notes ne servent à rien, on le savait déjà, notamment les mauvaises, puisqu’elles n’empêchent ni de passer dans la classe supérieure ni d’obtenir son baccalauréat. Comme le disent tous les Saliéri de l’égalité des chances à nos Mozart de l’haurtograph : « trop de notes ! ». Elles seront donc inéluctablement remplacées dans un proche avenir par une notation à « l’américaine » (pays dont on connaît les performances en matière d’éducation publique) mais au lieu d’avoir A, B, C, D, E ce qui risquerait encore de traumatiser les élèves (surtout pour ceux qui auraient de B à E, quel scandale!) je propose à Mme la mini(stre) de mettre TB (pour Très Bien) —  il faut tout expliquer sinon les djeuns y captent pô, c’est pour ça qu’ils faut leur enlever les notes parce qu’il ne les comprennent pas, c’est la ministre qui nous le dit, alors c’est vrai. Bref, les jeunes sont tous des cons incapables de comprendre une annotation sur une copie. E (pour excellent) ou EE (pour excellentissime). Il faudra faire attention toutefois à cette dernière notation, car au train où vont les choses, nos futurs enseignants ne sauront plus s’il faut deux « s », deux « t », ou deux « m », ou bien rien de tout cela finalement. Et puis les élèves qui n’auront que TB pourraient se sentir — à juste titre — lésés et développer par la suite une phobie scolaire de bon aloi. Il ne manquerait plus que ce soit Mozart qu’on assassine ! Les notes sont insupportables en cela qu’elles permettent de distinguer les élèves qui travaillent et se cultivent, des autres. Ce qui ne sert à rien puisqu’on le sait tous, la condition nécessaire (et désormais suffisante) pour avoir une belle situation grassement rémunérée est d’avoir du « réseau », joli terme emprunté au monde numérique (avant l’avènement de l’informatique on employait le mot « piston » qui fleurait bon les lois de la thermodynamique et la puissance propulsive d’un bon carnet d’adresses). Mme la Sinistre a tout à fait raison : pourquoi continuer l’hypocrisie des notes dans la mesure où la réalité nous montre que c’est le « réseau » qui compte ? Ou alors il faudrait mettre le « réseau » comme LV1 obligatoire. On donnerait au moins 20 à tous les fils et filles de… Sans compter que les notes, horreur suprême !, montrent sans discussion que les fils de profs s’en sortent mieux que les autres. Injustice ! Barbarie ! Faute lourde ! Ces fainéants de profs, grosses loutres payées à prix d’or (en France c’est du plaqué mais peu importe) pour que leurs enfants trustent les meilleures places dans les concours d’accès aux plus belles écoles. Le goulag ! La guillotine ! Le tripalium ! (c’est l’étymologie du mot travail, ça tombe bien). Pourquoi étudier la façon dont les profs éduquent leurs enfants vis-à-vis de l’école et du savoir (lecture, musées, peu ou pas de télé, etc.) pour donner aux familles les moyens de faire la même chose et de tirer leurs enfants vers le haut ? Alors qu’on peut tout simplement supprimer les notes, et ça fera le même effet, tout le monde se retrouvera au même niveau, enfin… à un niveau identique.

Non, finalement, la bonne solution serait de mettre de vraies notes… de musique. La référence dans ce domaine n’est pas ce chenapan de Wolgang, trop doué pour être honnête car il convient de se méfier de l’élite, nous le savons désormais, mais Beethoven. Un musicien sourd, ça c’est la classe. D’ailleurs, le cabinet de la ministre recherche également un peintre aveugle pour rédiger les programmes d’arts plastiques, si vous en connaissez un… En ce qui concerne les notes il sera nécessaire de filtrer, bien entendu. Sol et bémol sont à exclure, ça rime trop avec « mongol » mais dièse, au contraire, rime avec « balèse », tout comme mi et si avec « génie » (enfin à peu près, mais de toute façon, dans l’éducnat, on va tous devenir des apeupristes). Do rime avec dodo, pas mal pour les activités culturelles de l’après-midi. Pour la crème de l’élite on aurait une petite chansonnette : « Au clair de la lune » t’es polytechnicien, et « frère Jacques » suppose au moins l’ENA. « Tata yoyo » serait une bonne base pour IEP Paris.

IEP Paris ? Tiens, comme Mme Vallaud-Belkacem.

Professor Hait



The last Valls

 

Notre bon Sir Emmanuel a déclaré il y  a peu qu’il était  « là jusqu’en 2017  » . Nous saluons sa lucidité : il lui sera effectivement très difficile de rester « là » en 2018 mais gageons que les poubelles de l’histoire lui assureront encore des émoluments extrêmement  confortables pour ses vieux jours. Son vieux copain de scooter PIBas (l’autre nom de ce pays terriblement au-dessous de l’amer) le lui a assuré, paraît-il, avant de tourner Kazakh (une fois de plus) chez ses amis Mongoliens. J’ai vu la photo : il est plus vrai que nature à part la toque, un peu grande (c’est fait pour un cerveau normal). Mais il ne faut pas oublier qu’il a eu un pet au casque il n’y a pas si longtemps pour avoir voulu s’ e.gayet un peu.

Sir Emmanuel premier sinistre jusqu’à la fin du mandat (du « ment-dur » plutôt) : c’est donc bien vrai qu’il n’y a plus personne au PS ? Où sont-ils passés ? Tous reconvertis dans une bonne gâche européenne comme les Laurel et Hardy des ministères régaliens, Moscovici et Peillon, ou partis pantoufler dans le leader chips en marinière Montebourg ?

Dans les années 70 un groupe nommé … « le groupe » (The Band, vachement original) accompagnateur de Dylan entre autres, avait choisi d’arrêter à cause de la route et des morts qu’elle sème (on repense au scooter, il n’y a de la chance que pour la canaille) et, pour l’occasion, les membres de l’orchestre avaient choisi d’inviter tous leurs potes musicos dans un triple album intitulé « The last Waltz » . Après écoute, il faut quand même reconnaître que c’était une grosse chose un peu inutile, très boursouflée et sans grand intérêt.

C’est sûrement le nom qui veut ça.

 

Professor Hait

 



Que le personnel s’amuse ! …

Le ministre de l’Éducation Nationale, M. Payons (je ne suis pas tout à  fait sûr de l’orthographe) était questionné naguère sur une station de radio bien en cour. Il a défendu comme prévu son projet de garderie municipale au primaire et fait savoir son intention ferme et définitive de réformer enfin (mouahahaha !) l’enseignement secondaire. Le but, puisqu’il apparaît complètement incongru à ce bon ministre agrégé et docteur en  philosophie de faire travailler les élèves (il faut dire qu’il a enseigné — un peu — à Neuilly entre deux trous d’air électoraux, ce qui ne pose jamais de gros problèmes pédagogiques), est donc de faire travailler plus les professeurs. C’est forcément une bonne idée, il faut bien compenser.
Mais sans les payer plus, période de restriction budgétaire oblige, dixit M. Peillon (ça y est, l’orthographe exacte me revient). Evidemment le journaliste qui connaissait un peu ses dossiers lui a fait remarquer que les professeurs français sont moins bien payés (à travail égal) que les professeurs allemands, anglais, néerlandais, suisses, danois, finnois, autrichiens, luxembourgeois etc. si on observe les salaires au bout de 15 ans de carrière. Le même journaliste lui a rappelé (avec déférence comme il se doit) que les enseignants en France se situaient en fait au 22ème rang en ce qui concerne leur rémunération (ce qui n’est le cas ni des députés, ni des ministres, Haaa ! nous voilà soulagés). En queue de peloton par conséquent, mais quand même devant les Turcs, les Hongrois et les Tchèques (en bois ?)… ouf ! De quoi se plaint-on, je vous le demande ?
Pourtant le ministre ne s’est pas démonté (c’est normal, il est ministre), et afin de  justifier ces deux bonnes idées (je ne sais pas si ce sont les siennes ou simplement un emprunt, j’emploie donc le démonstratif), il a eu cet argument imparable quoique très éculé : « De toute façon ceux qui ont choisi l’enseignement ne l’ont pas fait pour l’argent. » On comprend pourquoi il est  revenu à la politique ventre à terre après deux ans de servage dans un lycée parisien, notre bon ministre. C’est humain : la gamelle est franchement meilleure.
Il paraît pourtant que la politique est aussi un métier de vocation. Pourrait-on alors se pencher sur les régimes ultra-spéciaux de retraite des députés, ministres et sénateurs, ainsi que sur leurs émoluments si généreux, puisque ces gens-là n’ont pas choisi la politique pour l’argent ? Ca changerait un peu. Il est d’ailleurs étrange que la Cour des Comptes si prompte à fustiger les turpitudes financières de l’État (sauf les siennes mais parce qu’il n’y a rien à en dire, forcément), à  dénoncer la gabegie dans l’Éducation Nationale, la Police, la Santé, ne se soit pas encore emparée du sujet. Oui, à la réflexion, c’est très bizarre. Les éminents représentants de cette docte assemblée vont sans aucun doute s’y intéresser sous peu. Ils sont déjà en train d’y travailler, à mon avis. Le rapport est déjà sorti ? Non ? Pas encore ! C’est pour  bientôt, n’en doutons pas.
Ce monsieur Peillon est décidément impayable, et nous, nous sommes impayés.  Pour l’instant, ce sont  donc toujours les mêmes qui se font éculer…

Professor Hait



Fôpagavélezélèv

Je viens de lire sur un site d’information de gauche, le billet d’un professeur d’histoire qui vitupérait contre la « récupération du mouvement de protestation contre la réforme des rythmes scolaires par la droite ». Dans ce texte, la phrase suivante me percuta violemment l’encéphale gauche : « (…) le Front national réclamant de remplacer les activités de l’après-midi par deux heures de français supplémentaires, dont pourtant les écoliers sont gavés » (c’est moi qui souligne). Il apparaît donc à ce monsieur professant l’histoire et la pensée que les écoliers sont « gavés » de français. Fichtre ! Sapristi, même ! Quand je constate le niveau de maîtrise de notre langue par les jeunes gens dont j’ai eu l’honneur de corriger les copies ou que j’ai simplement côtoyés  — alors même que beaucoup ne demandent qu’à apprendre à l’utiliser correctement — je me demande si je vis dans le même pays que ce brave collègue qui n’en peut mais.
Ceci me rappelle d’ailleurs une anecdote croustillante. Il y a quelques années, pénétrant (avec déférence comme ce doit) dans une salle naguère dévolue aux célèbres IUFM (non, ce n’est pas l’Institut d’Urologie des Fonds Marins qui prétendait apprendre aux matelots à pisser contre le vent sans se faire asperger) je fus frappé de stupeur à la lecture d’une phrase qui ornait son mur principal.
« IL N’EST PAS NÉCESSAIRE DE COMPRENDRE TOUS LES MOTS D’UN TEXTE POUR COMPRENDRE CE TEXTE.» claironnait fièrement cette sentence imbécile, fruit douteux de la macération rance d’imprécations pédagogiques pour enseignants gâteux et élèves soumis. On peut ainsi comprendre un texte  sans comprendre le sens des mots qui le composent. Certes. Mais que comprend-on alors ? Un vague « sens général » dont il faudra bien de plus en plus se contenter… Car depuis 25 ans de réformes continuelles, un élève, du CP à la terminale L, a perdu en moyenne un millier d’heures de français au profit de matières plus « porteuses », au point qu’il ne suffira bientôt pas, pour réaliser la fameuse égalité des chances, d’une grande réforme de l’HAURTOGRAF, que certains appellent de leurs vœux mais bien de sa suppression pure et simple, avec la conjugaison tant qu’on y est, ça ne sert pas à grand-chose puisqu’on peut comprendre un texte sans cela.
Je viens justement de terminer un cours en CPGE littéraire 2ème année, cours pendant lequel j’ai expliqué (entre autres) les différentes règles d’accord du participe passé avec les verbes être, avoir, pronominaux, suivis ou non d’un infinitif, etc. Je dis bien que j’ai « expliqué » et non pas « ré-expliqué », car mes braves élèves, pourtant censés faire partie de l’élite intellectuelle de la nation, catégorie terriblement odieuse aux yeux de tous les pédagogues qui semblent n’accorder leur grâce qu’à des classes peuplées de demi-illettrés à la casquette en oreille de lapin et au crachat redoutable ; mes braves élèves, donc, n’avaient jamais entendu parler des deux dernières règles.
« Mais ça ne sert à rien ! » s’écriera notre brave professeur prêt à faire barrage de son corps pour endiguer la montée résistible des idées nauséabondes du FN. Je le comprends, il est effectivement dommageable pour l’avenir de nos démocraties flasques que la voix de la raison soit désormais incarnée (sur ce sujet en tout cas) par le parti du « point de détail ». C’est dire à quel étiage se situe la pensée politique dans ce beau pays. Alors pour répondre à ce brave professeur d’histoire, dont le décervelage fut manifestement une réussite éclatante, c’est vrai : Fôpagavélezélèv.
Cher collègue, c’est vous qui avez sans doute raison (puisque vous représentez la modernité) : les mots, les conjugaisons, les dictionnaires, tout ça ne sert à rien.

Ah, si, peut-être… à se comprendre quand on se parle ? Bon, cela dit, pourquoi essayer de comprendre quand il suffit d’obéir ?

Ouais, finalement ça ne sert à rien.

Professor Hait



Qu’est-ce qu’un écrivain ?

Léo Scheer, personnage ordinairement célébrissime que je ne connaissais pas il y a encore quelques années — mais j’ai des excuses, j’habite à la campagne, le jour je travaille, la nuit, je lis, j’écris, je dors un peu, je n’ai donc pas le temps d’aller aux cocktails — a déclaré :
« Qu’est-ce qu’un écrivain ? Quelqu’un qui a un éditeur ! »
Passons sur la cuistrerie grammaticale qui consiste à poser la question et à donner la réponse en un seul mouvement syntaxique, et regardons le fond de  l’affaire. M. Scheer, qui porte manifestement bien son nom, tant il est un produit de l’élite politico-médiatico-financière qui nous dirige, ou prétend le faire, est lui-même éditeur, ce qui se devine aisément.
Il enseigne en outre, enfin, « de plus », je ne voudrais pas qu’il y ait de méprise, la sociologie à l’ENA, à Polytechnique et aux Ponts et Chaussées après avoir obtenu un doctorat dans cette discipline, pour autant que cela en soit une, en 1972 à Paris V, autant dire pas grand-chose vu le contexte culturel de cette faculté 4 ans après mai 68.
Manifestement cela suffit  quand on a « travaillé son réseau » puisque le voilà bien vite bombardé chef de quelque-chose-quelque-part (au Plan d’abord puis dans quelque antichambre juteuse d’une arrière cour de l’Etat sans doute) enfin, de couloirs en petits fours, directeur du développement du Cékoidonc chez Havas où il invente … Canal +, si l’on en croit les bruissements de la presse et les divers entretiens dans lesquels sa Majesté Médiatique daigne nous éclairer sur son rôle éminent dans le monde d’hier, d’aujourd’hui et de demain, en attendant après-demain. Inventer Canal + c’est un peu moins bien que découvrir l’eau chaude, en tout cas beaucoup moins utile. Mais son Altesse avait vu juste et loin, nous précise-t-il. Il est d’ailleurs parti d’Havas (1er propriétaire de Canal) pour Publicis (ce monsieur a fait son beurre dans la réclame, c’est son droit) le premier jour d’antenne de cette chaîne semi-cryptée totalement beauf témoignant ainsi, bien involontairement, de l’inanité profonde de cette pathétique innovation pseudo culturelle.
Inspiration subite ? Éclair de lucidité ? Hasard de calendrier ? Nous l’ignorons. Transfert lucratif ? Nous le subodorons… La sociologie mène à tout, surtout au business, les individus peuplant cette caste d’inutiles ayant commencé par remplacer la culture par l’érudition puis l’érudition par la pub, finissent invariablement par se spécialiser dans l’enfumage. M. Scheer représente ainsi l’archétype de cette catégorie d’infatigables donneurs de leçons pérorant dans des médias dont l’inculture crasse n’a d’égal que la servilité obséquieuse. L’essentiel des journaux, radios et télévisions est financé par les annonceurs, ne l’oublions pas. Il est donc de la plus haute importance que notre presse, y compris audiovisuelle, rende grâce à ceux qui lui sont si Scheer. Un homme passé par Havas, Publicis, quelques bureaux officiellement officieux par-ci par-là, la sociologie, l’enseignement à l’ANE, pardon, l’ENA (je les confonds) ne peut qu’être un ami de tout journaliste qui respecte son frigidaire.
Ainsi M. Scheer a créé ses propres éditions avec tout son cœur et son portefeuille… de relations (il ferait beau voir qu’il payât de sa propre bourse en plus !). Il pourrait donc avoir une opinion sur la littérature, une opinion sur rue bien évidemment, ce ne serait pas si Scheer payé. Et bien non ! Ce brave Léo — permettez ? — n’a pas d’opinion ;  comme la plupart de ses confrères en état de misère intellectuelle il a bien mieux :  une définition ! C’est à cela d’ailleurs que l’on reconnaît le sociologue : authentique spécialiste de tout, il n’a pas d’avis, uniquement des certitudes. Certains échappent fort heureusement à ce destin funeste mais ils sont rares. Ce Scheer Léo n’est pas du nombre, vous l’avez compris. Il sait par conséquent, non pas ce qu’est la littérature, car il faut avoir beaucoup lu pour comprendre qu’on n’en saura jamais rien, mais ce qu’est un écrivain. Un écrivain est quelqu’un qui connaît quelqu’un. Pas n’importe quel « quelqu’un », quelqu’un comme ce Scheer Léo.
Ouf ! je suis sauvé. Je sais (de source sûre, ce Léo n’est pas n’importe qui) que je ne suis pas et ne serai jamais un écrivain. Ça me soulage énormément car comme le disait si justement Roland Topor : « Le dessin et l’écriture sont deux moyens de salir le papier. Il en existe d’autres. »

Cette chronique est à présent terminée. La prochaine sera consacrée à la grave et préoccupante question : « Qu’est-ce qu’un con ? »

Une idée M. Scheer ?

                                                                                                                                                                                                Professor Hait



Pensée de rentrée

depuis le départ de notre Bien-Aimé Nicolas S*** (que son initiale soit sanctifiée à jamais) beaucoup d’enseignants (bouhouhouhou ! A bas les profs ! Bouhouhouhou Etc.) se sont gaussés de l’obligation qui leur avait été faite de lire la lettre de Guy Môquet à leurs élèves (qui étaient la plupart du temps incapables de la comprendre au vu du nombre d’imparfaits et de passés simples dans la dite missive).

Ils ont eu tort ! (Je parle des enseignants)

Car si un instituteur avait eu la bonne idée de la lire au petit Adolf Hitler (qui s’est d’abord appelé « Schicklgruber » mais ça le faisait pas) on aurait sans doute évité la seconde guerre mondiale.

Comme quoi, ça tient à peu de choses tout ça.

Bonne rentrée.

Licence « comme d’hab »Pensée de rentrée dans Chroniques du Professor Hait licence-CC




Archives pour la catégorie Chroniques du Professor Hait

Duel au sommet !

Un constat s’impose : la campagne n’a pas décollé ! Chacun s’en inquiète, tous le déplorent, d’aucuns s’interrogent. En exclusivité mondiale, depuis ses Combrailles presque natales, centre névralgique du CCC — le Comité des Commentateurs à la Con — le Professor Hait vous livre son analyse politico-aéronautique de la situation. Elle fera date dans l’analyse de la stratégie politique, n’en doutons pas.

Nous avons constaté tout au long de cette campagne présidentielle que les débats (et LE débat bien entendu) se sont traînés à une altitude ridicule que même un pratiquant du saut en hauteur hémiplégique aurait pu dépasser sans transpirer. Quelles sont les raisons de cette avarie au sol ? Est-ce une simple escale  technique qui se serait un peu trop prolongée ? Ou bien la panne est-elle plus sérieuse ?

Surtout : peut-on raisonnablement écarter tout risque de crash ?

Avant de donner la réponse à ces questions cruciales, il est nécessaire de procéder à l’évaluation du parc aérien. D’un côté nous avons la flotte présidentielle : des Rafales (d’invectives le plus souvent) over-boostés, réglés au millipoil près avec une marge d’erreur d’un quart de chouïa, aimablement prêtés par l’ami Marcel, probable inventeur des chars du même nom.

La suprématie technologique est indubitable, la réputation de l’aéronautique française n’est plus à faire. Nos avions font peur à tout le monde et surtout à ceux qui pourraient nous les acheter. Le staff, comme on dit (ne pas confondre avec un personnage de Shakespeare) avait d’abord opté pour des avions renifleurs, modèle Tricard-Destin, mais a vite abandonné le projet tellement ça sentait la merde. Les stratèges ont par la suite raisonnablement choisi le modèle cuirassier lourd / option bombardier. Le Président en titre — sinon en dignité — étant un habitué de longue date des voyages en avion (on raconte que son bureau est est équipé d’un simulateur de vol pour ne pas perdre la main entre deux escales à Paris) l’ensemble aurait dû lui conférer un avantage écrasant, surtout avec la puissance de feu d’un croiseur lourd.

Hélas, hélas, l’aviation présidentielle a beaucoup souffert depuis cinq ans. Multiplication des heures de vol, atterrissages brutaux, couloirs aériens encombrés, plans de vol modifiés à la dernière minute, instruments de navigation obsolètes, épuisement du personnel navigant. Sans parler de la hausse du carburant. C’est bien simple, de loopings ratés en trajectoires douteuses le jet présidentiel a désormais l’altimètre en panne. Survireur à droite dès sa conception par l’ami Marcel (déjà cité), le réacteur gauche dorénavant hors d’usage, cet aéronef, véritable bijou de technologie, est en grand danger de partir en vrille, notamment en cas de trous d’air, à tel point qu’on se demande à L’ENA (Ecole Nationale d’Aéronautique) s’il y a encore un pilote aux commandes. La réforme du contrôle aérien ne va rien arranger, c’est à craindre. D’autant plus que le flanc droit de l’engin — traditionnellement revêtu d’un blindage à toute épreuve — est actuellement sous le feu des missiles V2 « new génération » qui étaient cachés dans un Buisson et qu’il n’a pu, hélas, éviter. Le réacteur droit a subi des dégâts importants et l’aéronef high tech s’est fait brasser par les turbulences (et la Turbulente) comme un ballon météo sous le jet d’un Kärcher. Le Commandant en chef – guide suprême (louées soient ses mânes) avait imaginé qu’en se rendant maître du ciel il contrôlerait le théâtre des opérations. Il avait oublié la Marine qui l’a finalement torpillé afin de ramener le débat au ras du sol. Il est ainsi passé en un éclair du parcours de l’Occident à l’accident de parcours.

En provenance du Front de l’Est — parfois appelé facétieusement « fond de lest » — un Tupolev habilement relooké par un tuning astucieux s’est adroitement faufilé dans l’horizon encombré. Il est à noter que l’altimètre a patiné durant l’approche et que le tarmac est plus éloigné que prévu de la douane mais le modèle Mélenchovniev 2012, d’une conception très datée malgré tout, a eu le mérite de rouvrir une ligne que l’on croyait dévolue pour toujours aux liaisons incertaines du low-cost bulgaro-albanais. Le Chef d’escadrille a d’ailleurs été nominé pour le prix spécial du meilleur opérateur radio.

Décalé encore un peu plus vers l’est, Poutou Airlines a inauguré un nouveau modèle d’ULM équipé d’un moteur de tondeuse à gazon turbo diesel. Il faut saluer l’atterrissage discret mais efficace dans un terrain vague à 276 km de l’aérogare. Le pilote-radio-steward-bricoleur de tondeuse et unique occupant du harnais en papier recyclé du Delta-Plane motorisé par Briggs et Stratton s’est rendu de nuit et à pied à son QG de campagne simplement guidé par sa lampe frontale, utile héritage d’un grand-père mineur. Il a ensuite fêté son opération survie avec un sandwich et une bière.

La Ligue d’ Ouverture et d’Union des Pyrénées Etatiques (en abrégé L.O.U.P.É) qui avait prévu d’occuper le centre de l’espace aérien pour rejeter les concurrents dans une périphérie douteuse a semble-t-il été pénalisée par l’électronique. Son appareil issu de choix technologiques révolutionnaires avait tout misé sur l’internet mobile pour le guidage et les manœuvres mais à cause d’un dé-groupage trop puissant il a connu de grosses difficultés d’accès au réseau. Pour résumer, le Modem Orange s’est l’SFR. Les deux moteurs à hélices modèle « Henri IV » ont été bridés à 2500 tours minute (soit à peu près la vitesse d’un batteur Moulinex) ce qui a considérablement ralenti l’allure de l’appareil qui s’est posé tranquillement entre le funiculaire de Pau et la vallée d’Ossau. Le pilote est apparu souriant et bien reposé sous les acclamations d’une vache landaise et de deux brebis pyrénéennes. Il devrait pouvoir achever son allocution dans la quinzaine qui vient.

Mentionnons au passage et par souci d’exhaustivité l’équipe de sympathiques skippers de « Debout la République »hâtivement reconvertis dans le courrier postal et dont la mise à feu n’a pas fonctionné. L’aéroplane s’est écrasé en rase campagne comme une merde de cormoran sur le littoral atlantique à la suite d’un tir foireux. En espagnol on appelle ça « caca fuego ». Selon les dernières nouvelles « l’aéropostale Dupont-Aignan »devrait adopter ce nouveau patronyme. Nous retrouverons désormais ce team affable et bienveillant sous le nom de « Caca Fuego Air mail » ce qui donnera un tour un peu plus international à cette équipe bien de chez nous.

Enfin il faut faire l’analyse du grand vainqueur de cette première bataille : « Batavia Jets » qui a commencé le conflit avec un hydravion tout confort savamment maquillé en pédalo hollandais. L’engin a fait « bout-brout-brout » au décollage ce qui n’augurait rien de bon mais il avait gagné la faveur des spectateurs qui craignaient plus que tout une volée de missiles à têtes chierchieuses voire un lancer de bombes à étrons, toujours possible dans le dispositif présidentiel. L’hydravion s’est laissé balloter paresseusement au gré des courants aériens, comme un gros zeppelin bien gonflé et a atterri — quasi triomphalement il faut le dire — sur la piscine municipale de Tulle qui avait été débâchée pour l’occasion. Le commandant de bord s’était endormi et il a fallu deux crèmes aux œufs pour lui faire reprendre ses esprits. La Hollande étant connue pour avoir une grande partie de son territoire au-dessous du niveau de l’Amer, le Président en fonction a regardé d’un peu haut peut-être ce mollusque marin qui l’attaquait par les soutes et qui s’est révélé à l’usage un redoutable pilote de pédalo à moteur. La victoire du pilote qui n’avait pour expérience du combat aérien que le tour du marais poitevin à la rame a surpris ses propres coéquipiers.

Rendez-vous dimanche pour l’atterrissage final en direct et lundi pour les formalités de douane.

Professor Hait

Grand diseur petit faiseur …

 

Quand on sait faire quelque chose, on le fait, et on devient créateur. Quand ne sait pas le faire en général on l’enseigne (c’est du moins ce que dit la sagesse populaire). Si on ne sait pas enseigner, on le fait faire par les autres, on accède ainsi à la dignité d’entrepreneur, sorte d’apothéose contemporaine. Dans les autres cas, il n’est longtemps resté que la carrière politique pour éviter le déshonneur d’une relégation sociale sans appel.

Pour ceux qui ne possédaient rien, pas même le médiocre talent du menteur professionnel, du brocanteur de foire, en un mot, de l’orateur candidat, il n’y avait donc aucune issue. L’opprobre les guettait, la misère suivait, en cortège. Enfin, le monde changea. On inventa l’ENA, Sciences Po, et comme il fallut bien organiser des débouchés pour des études si coûteuses pour l’Etat et tellement inutiles pour le contribuable, les conseillers politiques naquirent.

Que fait un conseiller ? Il conseille, parbleu ! Qu’est-ce à dire ? Il dit en phrases joliment tournées qui plaisent au puissant ce qu’il aurait pu dire, ce qu’il devrait peut-être faire mais jamais au grand jamais ce qu’il doit faire sous peine d’être banni à l’extrême périphérie du pouvoir, aux frontières de la technostructure, bref, dans une sous-préfecture de province. Le conseiller dit tout haut ce que l’élu pense tout bas qu’il répétera tout haut devant un parterre d’imbéciles qui pensent bas.

L’utilité du conseiller serait ainsi comparable à l’honnêteté d’un ministre ? Nenni. Il soigne les blessures de l’âme, les égratignures de l’ego, les écorchures de la fierté de cette chose boursouflée de son importance qu’on appelle aux hasards de la vie un député, un sénateur, un ministre, un président. Ce ridicule petit personnage qui croit tenir le monde dans sa main droite en ne serrant que du vide a parfois des aigreurs, des mélancolies sournoises, des fébrilités nocturnes. Il lui faut se rasséréner au plus vite afin de rétablir la confiance comme un trapéziste maladroit se rétablit in extremis (ou pas) après un looping brouillon.

Alors le conseiller paraît et apaise ces tumultueuses alarmes en lui susurrant « miroir, mon beau miroir ». Il est médecin du cœur et dans les cas les plus désespérés chirurgien du moi. Un escroc de l’affectif qui émarge aux fonds réservés pour patauger dans les remugles poisseux du tout à l’ego. Vanitas vanitatum omnia vanitas, mais plus personne ne lit l’Ecclesiaste et le latin a été astucieusement escamoté au profit de matières moins nobles mais plus rentables, économie, gestion, statistiques financières, coaching. Le ministre de l’éducation nationale ne se recrute plus dans la prestigieuse mais déclinante « société des agrégés » (j’ai oublié la majuscule, vous la remettrez en partant s’il vous plaît) mais sur les bancs des écoles de commerce et, plus tard, des industries du cosmétique, nous vivons dans un monde moderne. Comme l’écrivait déjà Lampeduzza dans le Guépard, « Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi! » : il faut que tout change pour que rien de change.

 

Voilà pourquoi le conseiller existe.

 

Grand diseur petit faiseur ... dans Chroniques du Professor Hait licence-CC3    Professor Hait

La cuisine au beur

La campagne décolle ! Enfin, enfin, dirons-nous avec une petite éructation de joie accompagné d’un discret gloussement de satisfaction, ce n’est pas trop tôt. Nous en arrivons donc au coeur du sujet qui passionne les Français : la gastronomie. Il ne s’agit plus de demander benoîtement « Quand est-ce qu’on mange ? » — en ces temps de crise la réponse est au mieux incertaine — mais « Qu’est-ce qu’on mange ?». Ca a déjà plus de gueule comme interrogation politico-métaphysique.

L’actuel et déjà regretté occupant de l’Elysée (vous bénissez ce que vous voulez, vous avez l’habitude maintenant) a donné le thon, pourrait-on dire. Nous savons désormais qu’il n’est guère porté sur le kebab et que, dans les pique-nique champêtres, la viande est toujours consommée saignante. Pour autant, dans ce moment grandiose et ô combien passionnant que constitue la campagne présidentielle (Gloire ! Gloire ! À notre Guide Glorieux et Grandiose (G3) et à ses porte valises  parole) nous en savons désormais un peu plus long sur les penchants culinaires de sa Gracieuse Majesté Présidentielle.

Par exemple, le jambon de Bayonne l’a beaucoup déçu. C’est pourtant un excellent produit, made in France, peu susceptible d’être subtilisé par les hordes velues de sémites mal intentionnés qui déferlent en rang serrés pour souiller notre sainte Nation. Je n’ai pour ma part (c’est un exemple) jamais mangé de jambon de Bayonne halal. Il est donc permis de s’interroger sur cette répulsion étrange de la part d’un défenseur acharné de nos valeurs éternelles : Travail, Famine, Parti.

Et bien, je suis parvenu, après une longue et patiente analyse que j’ai choisi de vous épargner sachant combien votre temps est précieux, à la conclusion suivante : ce n’est pas le jambon de Bayonne en lui-même qui constitue la source de cette étonnante inimitié mais son mode de consommation. En effet, ce type de produit doit se consommer uniquement par l’orifice buccal, l’introduction fondamentale demeure prohibée car très douloureuse. Malheureusement, les conseillers de notre Mentor (comme un arracheur dedans, le fait est connu) ont dû se mélanger les fiches. Ca lui a donc fait très MAM MAL, surtout qu’il est tombé sur un os. Je me permets donc un petit conseil de cuisine électorale (oui, moi, dans le clapotis fangeux de mon ignominie, je me permets) : la prochaine fois, il faut déguster le jambon de Bayonne à la landaise c’est-à-dire tout bêtement en tranches avec des cornichons.

Mais il me semble que notre Conducteur Cosmique a déjà retenu la leçon puisqu’il a intimé l’ordre à ses deux adorables porte-parole, si décoratives, d’être dorénavant toujours présentes lors de ses déplacements de campagne.

En cas de nouvelle agression au jambon, il aura au moins les cornichons sous la main.

 

                                                                                                                                     La cuisine au beur  dans Chroniques du Professor Hait licence-CC3  Professor Hait

La viande halal, faut la payer cash(er) …

Le sujet number one du moment selon notre altesse bien aimée serait, pardon EST (puisque c’est lui qui le dit) la viande halal. Hélas,  trois fois hélas, son vizir bien aimé, surnommé « courage, Fuyons » s’est pris les pieds dans le tapis (berbère, bien entendu) en mélangeant tout !

Evidemment que la viande halal est un ignoble scandale ; tout le monde en convient. Pourquoi ? M. Gluant, formidable démocrate et défenseur des droits de l’âme et du mitoyen, nous l’a déjà maintes fois expliqué en long en large et de travers. Il l’a même courtoisement répété à une éminente représentante de l’extrême droite hexagonale. L’explication est simple car elle frappée au coin du bon sens : la viande halal est un scandale abominable  car elle est le fait de hordes barbares qui ont le mauvais goût d’être non seulement arabes mais, de surcroît, musulmans.

Oui les Français sont une majorité à craindre une généralisation du halal (comment on va faire pour manger du boudin, hein ?) puisqu’ils n’ont plus à craindre, pour beaucoup, une perte de leur emploi, vu qu’ils sont déjà au chomedu. Et, c’est bien connu, on s’emmerde ferme quand on ne travaille plus. Alors on s’intéresse à tout ce qu’on peut : le macramé, la culture des carottes en basse Bretagne, la viande halal, est-ce que je vais retrouver un boulot ? etc., etc.

Il est bien évident que si la viande halal était consommée par la fine fleur du XVIème arrondissement et servie tous les jours dans une brasserie populaire des Champs Elysées ce ne serait pas un problème. En fait  la viande halal tout le monde s’en tape prodigieusement, elle est totalement inoffensive. Ce sont ceux qui la consomment qui sont nocifs pour nos valeurs, nos traditions, notre charcuterie — une des plus réputées du monde à l’instar de notre industrie nucléaire comme le rappelait encore récemment un nommé Guano — et surtout notre tranquillité. En fait, ce qu’ont voulu dire tous les membres distingués de notre gouvernement pur porc sans additif ni colorant et, en premier lieu, son premier sinistre, c’est tout simplement que les consommateurs de ce type de produit seraient bien venus — en deux mots c’est important — de la manger AILLEURS que chez nous ! Ce n’est pas du racisme ou de l’islamophobie primaire comme on l’entend dire parfois de la part de sectateurs véhéments qui n’ont pas encore été touchés par la lumière éblouissante qui émane de notre président béni et de ses bienheureux acolytes. Non, c’est de l’aménagement du territoire.

Quand ils seront tous partis on aura peut-être un peu de mal à vider les poubelles et à construire des bâtiments mais c’est un petit tour de rôle à organiser et surtout les moutons seront tranquilles. En revanche, là où notre premier sinistre bien nommé « Fuyons » a dérapé comme on dit — il paraît qu’il pilote à ses moments perdus — c’est qu’il s’est attaqué non seulement à la viande halal mais aussi à la viande casher . Quelques petits esprits sans envergure diront : « mais c’est pareil ». C’est pour cela qu’ils sont sans envergure. Que la viande soit la même, c’est une évidence mais ceux qui la consomment ne sont pas identiques. Attention ! Le premier des sinistres est sur la pente glissante du révisionnisme et du négationnisme, pour ne pas dire du nega-sionisme. Attention, attention ! Il y en d’autres qui ont essayé et ils ont eu des problèmes. Nous ne connaissons pas encore la réaction d’Israël (trois fois vénérable soit cette terre sainte et consacrée, amie de toute l’humanité sauf des Palestiniens ce qui est normal. Je le dis pour éviter toute procédure judiciaire, j’aime, que dis-je, j’adoooore Israël. D’ailleurs j’ai dit « trois fois vénérable » mais si trois ce n’est pas assez je suis ouvert à la négociation, contactez-moi par mail) mais cela ne saurait tarder. Le CRIF a déjà émis un commentaire assez vif sur les goûts culinaires de M. Fuyons qui n’a jamais si bien porté son nom puisque depuis cet épisode, nul ne sait où il se terre. Pour vivre heureux vivons casher, n’est-ce pas ?  Certains l’auraient vu dans une Porsche en train de déguster des rillettes du Mans d’autres dans une porcherie où il se serait gavé de terrine de campagne. Ca tombe bien, la campagne on est en plein dedans.

Tout cela est bien inquiétant, avouons-le, et les Français ont cent fois raison d’en faire leur sujet de préoccupation numéro un comme le rappelait notre Président Bienheureux dans une de ses béatitudes. Pour ma part, j’aimerais très modestement participer au redressement de mon Pays en proposant à tous ceux que l’avenir de notre Nation intéresse de rejoindre le mouvement que je suis en train de créer : le P.L.A.T.

Le Parti de Libération de l’Andouillette et du Tripou.

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Tout fout le camp !

Notre cher Président (saintes soient ses émanations corporelles jusqu’à la vingt-huitième génération et demi) est enfin entré en campagne ! Nos coeurs se réjouissent, nos âmes jouissent et  nos porte monnaie rétrécissent, c’est formidablement époustonifiant. Mais une question vient tarauder mon coeur débordant de joie en y insinuant une sombre mélancolie qui frôle l’humeur chagrine : pourquoi ne voit-on plus cette troupe débonnaire et talentueuse qui suivait le maître en 2007, comme les muses suivaient Apollon, et nous divertissait en chantant ses louanges comme des cantiques.

Souvenez-vous enfin, il y avait là la fine fleur artistique de la France qui gagne (beaucoup d’argent) : un rappeur mou gavé de shit, un vieux rocker incontinent, une vocaliste vedette chez les octogénaires, un pianiste aveugle et un comique pétomane. Ah ! qu’il était doux de les voir sur scène, unis dans une même ferveur, dans une même lutte contre les impôts confiscatoires.

Où sont-ils  passés ? Nul ne les voit ! Revenez, revenez, nous avons besoin de vous pour nous détendre un peu en ces temps de TVA sociale.

 

Professeur Hait

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