Narcisse et Oedipe sont sur un bateau…

 

Notre Sainteté le geyser de Lumière Universelle serait-elle en train de montrer quelques signes de dérangement mental ? Sans m’obséder outre mesure (mon avis sur la question est clair depuis longtemps) cette question ressemble de plus en plus à LA question essentielle. Le Napoléon-Bonaparte de la banque Rothschild, propulsé finalement par un heureux (pour lui) hasard au sommet de l’État possède des caractéristiques de rigidité psychologique qui frôlent  le trouble mental.

Il semble avoir épousé sa maman, pourtant cela ne lui a pas apporté l’ataraxie prévue au programme. L’hybris le ronge, l’ulcère le guette. La prostate se faufile en embuscade (à mon avis). Jupiter-minus n’a jamais si bien porté le nom que je lui ai donné de si bon coeur. Politiquement, il finira comme bien d’autres dans les poubelles de l’histoire, entre deux emballages de produits high-tech déjà dépassés et un vieux carton de salades périmées. Lui qui a tant aimé nous en raconter, ce ne serait que justice. Quand il carburait à plein tube, des salades, il nous en vendait tellement qu’on se serait cru aux Halles. C’était plus l’Élysée mais Rungis.

Des salades au panier du même nom, de la carotte au bâton ; quelques manifestations plus tard l’ordre règne. Les manifestants manifestent là où on leur dit de manifester (il y a quand même  quelques «débordements») et les policiers matraquent quand on leur dit de matraquer. La Pax Macronia en quelque sorte. Tout ça pour ça ? Ben, oui, il faut croire… Et pourquoi ?

Peut-être tout simplement parce que Jupiter-minus comme ses brillants devanciers n’a pas les clés de la bagnole, ne les a jamais eues. Elles sont à Bruxelles c’est-à-dire à Francfort, ou à Berlin, en tout cas pas à Paris. Ce brillant inspecteur des phynances, comme disait Jarry, notre Ubu cocu moderne, a compris, mais un peu tard quand même que les «promesses n’engagent [pas] que ceux qui les entendent» ainsi que le professait sur un ton doctoral un célèbre vendeur de pastis ex-patron du SAC et grand homme politique français.  Les Français ont encore un peu de mémoire, notre Kennedy de Picardie avait sans doute parié sur un alzheimer précoce, mais pas de chance, le corps électoral bouge encore, et il se souvient de tout ce qu’on lui a dit avant l’élection.

Finalement, c’est bien ça le drame de tous ces énarques qui prétendent nous gouverner : ils n’ont plus le pouvoir monétaire, ils n’ont plus le pouvoir budgétaire (le déficit est fixé par Bruxelles Francfort), ils n’ont plus qu’un pouvoir législatif vestigiel. Il leur faudrait énormément d’imagination et d’idées nouvelles pour pouvoir nous sortir de cette voie de garage dans laquelle tout ce beau monde nous a joliment embourbé. Malheureusement, on peut demander à des inspecteurs des finances beaucoup de choses mais certainement pas de l’imagination. Leurs idées sortent de leurs feuilles Excel, exclusivement.

Et en plus ces salauds de pauvres qui votent se souviennent des conneries qu’on leur raconte quand on veut de faire élire ! Même les vieux, les retraités…  C’est à vous dégoûter de se présenter aux élections pestilencielles !



Macron : le père OK.

D’après le grand discours de notre Grand Timonier de l’Absolu Relatif, voici ce que nous pouvons augurer des profondes transformations du locataire de l’Élysée qui, comme on peut le voir sur la photo officielle ci-dessous, est à donf’ dans la transition éco-machin :

perroquetvelo

 

Un fâcheux, pourtant, le sieur Jean-François Julliard, Directeur de Greenpeace France,  aurait déclaré après le discours sympathique et bon enfant de sa Très Haute Éminence le Pic de Lumière Étincelante, bref Manu Ier himself  :

« Emmanuel Macron est en train de réussir un tour de force : alors que l’urgence climatique s’aggrave, il s’apprête à faire moins pour la transition énergétique et le climat que son prédécesseur, François Hollande. »

Là, je veux bien qu’on critique notre Saigneur et Maître, Taxman le Magnifique, mais quand même ! Faire moins que F. Hollande ? De qui se moque-t-on ?

C’est mal comprendre sa Radieuse Sainteté que de comparer son oeuvre aux vétilles qui ont occupé (si peu) le précédent hôte du palais présidentiel princier. Notre Geyser de Magnificence Picarde a le verbe haut. Fiat Lux déclame-t-il tous les matins pour que le soleil paraisse devant nos yeux éblouis. Fiat Lux, Fiat Lux ! Et cela n’a rien à voir avec un quelconque véhicule haut de gamme fabriqué en chine et assemblé à Turin. Non, Fiat Lux vocifère notre Dieu Vivant afin de remplacer à lui tout seul les quatre misérables centrales qu’il va fermer, parce qu’il est vraiment obligé sinon ça sera un remake de Fukushima mon amour.  Pour celles et ceux qui aurait raté le début, une seule adresse : http://karmatotal.unblog.fr/?p=57

Le Zeus d’Amiens, préfecture de la Somme et chef-lieu de Canton, est, nous le savons désormais, expert en diplomatie et en communication, la science de ceux qui n’en ont aucune.  Notre Jupiter-minus est un homme profond (par son vide) spécialiste redoutable du discours creux et du verbe haut. Cet ancien philosophe-banquier a sans doute lu le fameux Discours de la méthode. Cependant, pour sa part, il préfère la méthode du discours. C’est effectivement plus prudent.

Cet éminent spécialiste du rideau de fumée, prestidigitateur inouï, produit à lui tout seul autant de particules fines que l’ensemble du parc automobile français dès qu’il ouvre la bouche. À tel point que ses ministres ne lui disent plus «Bonjour M. le Président» mais tout simplement «Comment vas-tu yau de poële ?». Du discours de la méthode au discours à la mode, il n’y a qu’un pas, que le Kennedy des Hauts-de-France a franchi en frétillant d’aise.

Reste à savoir si l’enfumage est une énergie durable ou pas.

 

 



De la ligne blanche au gilet jaune

hybris

Némesis, déesse grecque représentant le châtiment de l’hybris

Grand désarroi… de part et d’autre. Nous assistons à un tie-break serré entre l’élite Olympienne qui affecte une impassibilité marmoréenne et une mobilisation populaire qui fleure bon les agités du bocal. Vous êtes peut-être comme moi, vous avez choisi de rester dans les tribunes afin de jouir d’une vue imprenable sur l’affaire. Je n’ai jamais eu de place VIP, car je ne suis ni important ni particulièrement people. Le VIP est devenu un nouvel habitus — une sorte d’habit psychologique — politique : Vous ne m’Intéressez Pas.

C’est vrai, quoi ! Le peuple, mais qu’est-ce qu’il veut encore celui-là ? C’est pas parce que Michelet lui a consacré un livre entier qu’il faut qu’il se croit tout permis. En tout cas, vu de l’Olympe, et de notre tribune moyennement chauffée, ça ressemble à ça. On dit que M. Macron et ses Walking Boys (in english, c’est plus mieux bien) seraient méprisants, hautains, arrogants avec le Peuple. Je ne dis pas le petit peuple car, de l’Olympe, tout est petit, surtout le peuple.

On peut en douter : pour mépriser quelqu’un il faut l’avoir rencontré au moins une ou deux fois. Cela ne saurait être le cas de cet infatigable donneur de leçons qui se prend pour Jupiter depuis qu’il a rencontré son Aphrodite dans un cours de théâtre pour adolescents boutonneux. Et que nous avons eu l’imprudence de placer au sommet de l’État. C’est un «nous» collectif, bien entendu, qui n’exprime que la majorité des votes exprimés. C’est-à-dire de moins en moins de voix. Il en a visiblement conçu un sentiment de supériorité qui est train de se transformer en hybris pure et simple.

M. Macron et ses Walking Boys (and girls of course) ne méprisent pas le peuple, pour la bonne et simple raison qu’ils ne connaissent pas. À part lui serrer la paluche tous les cinq ans sur quelques marchés de province vite oubliés, il n’existe aucun contact entre le politique et le «peuple». C’est un apartheid social bien huilé sans lequel le Président Jupitérien et sa cohorte de macronolâtres énamourés, plus toutes celles et ceux qui sont simplement allés à la gamelle, les plus nombreux, sentiraient bien vite l’huile de vidange ou le kebab tiède. Il s’agit de préserver le digne corps de l’inspection des finances de tels remugles, nos maîtres ont les narines sensibles. Ce qui s’accompagne bizarrement d’une diminution de l’acuité auditive. Ils en deviennent sourds.

En face, comme on tape sur des gamelles, à défaut de pouvoir y aller, même si le Trump de la Haute-Loire a déjà les nougats dans les starting-blocks, on a quelques petits problèmes d’audition également. Mais surtout, on a des problèmes d’addition.

Comment voulez-vous que ça intéresse un Walking Boy une addition. Je donne un conseil aux gilets jaunes : si vous voulez que l’équipe à manu Ier elle se rende compte que vous existez, même à la périphérie du monde moderne, arrêtez avec vos problèmes d’additions, de pourcentages, de taxes et de robinets qui fuient. Soyez enfin modernes !

Parlez-leur logarithme, intégrale, espaces vectoriels, feuille Excel, calculs de taux de TIPP. Des trucs qui les branchent, de la vraie politique, de la vision à long terme, du souffle… Un peu de panache, quoi !

Cependant, il ne nous a malheureusement pas échappé que quelques gilets jaunes, pour ne pas dire un certain nombre,  ne seraient pas opposés au rétablissement de l’étoile de la même couleur. Pour les mêmes motifs qu’au moment de la création de cette belle décoration. La haine de l’étranger. Ce mouvement sent effectivement une drôle d’odeur de temps en temps. Un truc moisi, un léger parfum de charogne. Le problème en devient insoluble : faut-il opter pour les racistes homophobes soutenus par Wauquiez ou pour l’arrogante jeunesse dorée des Palais de la République ?

Je vais rester encore un peu dans les tribunes.

 

 

 

 



De profundis

Il n’est finalement pas si rare de voir une situation dans laquelle toutes les parties prenantes ont tort d’une façon ou d’une autre. Celle qui se déroule sous yeux en présente toutes les caractéristiques. Les gilets jaunes, nous le constatons, sont un conglomérat d’intérêts hétéroclites et mal accordés. Comme toujours quelques têtes dépassent, et comme toujours ce sont rarement les mieux faites. De la haine des «patrons» s’exprimant contre un travailleur à son compte, révélant une exquise finesse dans l’usage des catégories sociologiques au quasi lynchage des homosexuels («je le reconnais c’est un pédé !» : ça y est l’ennemi est à découvert, à 150 contre deux on ne manque jamais de courage) en passant par le racisme ordinaire, la «France d’en bas», celle des Wauquiez et des Le Pen est hélas tristement représentée. Elle ne représente qu’une partie seulement du mouvement en cours, mais la partie la plus vociférante, donc la plus visible.

Nous voyons bien que ce mouvement, au sens premier du terme, est une impasse même si nous éprouvons une certaine sympathie pour la détresse qu’il exprime de manière aussi bruyante que maladroite. Mais sympathie ne vaut pas approbation. Nous ne savons pas plus qu’eux ce qu’il convient de faire dans un pays et même un monde où l’offre politique est tellement indigente qu’il nous apparaît de plus en plus clairement que n’importe qui pourrait faire le job, c’est-à-dire diriger le pays. Nous percevons simplement de plus en plus clairement qu’un ancien monde est en train de mourir sous nos yeux et que le nouveau peine à émerger. Comment interpréter autrement cet «âge de ténèbres» qui recouvre la planète d’un linceul glacé ? Les plus anciens qui ont connu les années 70, du moins la fin, poseront la question différemment : comment en est-on arrivé là ?

Ce ne sont pas les pantins de cire qui sont parvenus, bref ceux qui prétendent nous gouverner qui possèdent le quart du début d’une idée réellement nouvelle. Nous le savions d’avance, ce qui nous déprime un peu quand même.  Ils se contentent de nous faire les poches, celles dans lesquelles il reste encore quelque chose. Naguère c’était celles de la «classe moyenne», mais le Kennedy d’Amiens semble s’être donné comme mission de l’éradiquer totalement dans ce pays. Pour satisfaire à une promesse de campagne (imbécile, comme la plupart de ces promesses qui ne participent que du marketing politique) celle de supprimer la taxe d’habitation (beaucoup de gens la payent encore) il en est réduit à ponctionner le plus vite possible notre revenu par des taxes. Alfred Jarry avait imaginé la «Pompe à Phynances» dans Ubu Roi, Notre Roosevelt de Picardie, authentique Père Ubu de la politique, l’a réalisée. Le remplacement de l’impôt par les taxes, en passant bien entendu par la suppression de l’ISF, seul impôt déclaré «injuste», constitue la grande idée politique de notre président jupitérien drapé dans son imposture pseudo-monarchique. On a vu mieux comme projet national. Manu Ier nous apparaît désormais comme une baudruche gonflée de sa propre importance qui se déballonne sous nos yeux dans le bruit caractéristique d’une flatulence trop longtemps contenue. Bref, il ne manque pas d’air, comme on dit. Mais il a toujours manqué de souffle. Ce n’est pas pareil.

Heureusement qu’il y a le blog de Karmatotal, sans quoi cette vie serait insupportable, mais faites attention, dans votre enthousiasme vous allez louper votre station de métro. Je suis obligé de dé-sublimer à mort pour vous éviter une bonne engueulade par votre patron.

Gouverner vient d’un joli mot grec qui signifie littéralement diriger un bateau, il a donné le terme «gouvernail», et «cybernétique» aussi. L’étymologie est victime d’étranges hasards. Nous le soupçonnions, nous en avons désormais pour ainsi dire la confirmation lexicale, c’est bien la cybernétique qui nous gouverne. Nous préférions quand c’était les hommes. On pouvait non seulement leur exprimer notre mécontentement mais ils pouvaient parfois l’entendre. Pour les algorithmes qui nous dirigent dorénavant, notre mécontentement est juste une donnée, une small data. On pourra objecter que derrière chaque algorithme il y a des hommes qui pensent et qui prennent des décisions.

Hélas, nos gouvernants pensent de moins en mois, ils réagissent. Ils communiquent, ils déclarent, ils tweetent, bref ils fournissent de la copie à la sphère médiatique. Il faut bien mettre du charbon dans la machine. Surtout quand vous dépendez terriblement de cette machine, qu’elle contribue puissamment à vous propulser tous les cinq ans. Welcome to the machine chantait Pink Floyd à la fin des années 70. Nous y sommes. Nous n’élisons plus que des chauffeurs de locomotives bien incapables de dessiner de nouvelles voies. Le réseau ferré appartient désormais au privé qui leur délègue le rôle d’entretenir les chaudières et de faire rouler le train tant bien que mal. Plutôt mal ces temps-ci. L’itinéraire ferroviaire s’est transformé en itinérance mémorielle, les errements politiques en errance profonde. Cf http://karmatotal.unblog.fr/?p=870

Notre chef de gare Olympien, ne s’exprime pas sur la situation. Normal il est ailleurs, et il ne s’exprime pas sur les affaires intérieures quand il est ailleurs. Il semble persuadé que ce type d’excuse bidon que même un élève de collège moyen redouterait d’utiliser plus d’une fois va convaincre les passagers du train que le voyage se déroule comme prévu. Son premier sinistre, parangon du technocrate moisi,  est devenu (à moins qu’il soit né ainsi ?) une sorte d’automate qui ressemble au chien de Pathé Marconi :

pathemarconi

 

Cette triste équipe de pantins qui n’ont même pas l’air de s’amuser entre eux a cessé de nous distraire depuis fort longtemps. La question demeure : par qui ou plutôt quoi les remplacer ? Il nous arrive même d’éprouver de la pitié pour ce grand corps malade qu’est devenu le corps politique depuis au moins deux décennies. Un chef de gouvernement qui incarne à ce point l’impuissance technocratique ne peut à la longue que nous inspirer une indifférence molle doublée d’un mépris flottant, après avoir suscité un peu — très peu — de compassion. Finalement personne n’aimerait se trouver à sa place. Dans les années 70 et 80 la figure de l’informaticien, qui dominait la machine en lui ordonnant par un langage aussi mystérieux que magique ce qu’elle devait faire, s’est renversée dans la figure du ministre, le premier comme les autres. Maintenant ce sont bien des algorithmes maniaques et obsessionnels qui dictent à ces bouffons tragiques ce qu’il faut qu’ils fassent. C’est peut-être pour cela, la nostalgie d’une humanité en train de se perdre, qu’ils sont si éblouis par la figure du start-upper celui qui disrupte au café du commerce deux fois par jour, à l’heure de l’apéritif républicain.

Pour les gilets jaunes et les costumes vides qu’ils interpellent en vain, croyant toujours qu’ils ont le pouvoir de faire quelque chose, alors qu’ils n’en ont aucun, le train de l’histoire est toujours une machine folle. Simplement, nous voyons bien que le terminus est proche. Le chef de gare lui-même s’absente de plus en plus souvent. Il a bien toujours son uniforme, son képi et son joli sifflet chromé, mais le bruit grêle qui en sort (on appelle cela un tweet) fait sourire tout le monde ou à peu près.

En fait tous ces gens ne servent qu’à prolonger un monde qui ne demande qu’à mourir. Au lieu de favoriser les conditions de l’émergence d’un nouvel ordre, ils contribuent à rigidifier encore un peu plus notre société et à la précipiter dans le chaos. Plus que jamais, le monde sera ce que nous en ferons à l’échelle individuelle, aussi dérisoire que cela peut nous apparaître. Le folklore politique n’est plus qu’un spectacle d’un autre âge que nous regardons mi-amusés, mi-agacés comme quand nous amenions nos jeunes enfants dans ces cirques désolés, aux tentes glacées d’ennui. Simplement parce que nous pensions qu’il ne fallait pas que le cirque meure. Pourtant le cirque est mort.

Tous les cirques meurent. Il faudrait peut-être le leur dire.



Taxman

harrison

C’est en écoutant les pseudo explications totalement absurdes des  zélites qui font semblant de gouverner ce pays que j’ai eu une itinérance mémorielle moi aussi. Je suis assez peu porté sur Pétain, je le confesse. Moi, c’est Harrison qui m’est revenu comme un élastique sur le nez. Chacun ses héros, Manu, on ne va se disputer pour si peu.

C’est la chanson Taxman qui a surgi du tréfond de ma jeunesse Rauque & Rolls. On se souvient qu’Harrison l’avait écrite après avoir constaté qu’il payait environ 96% d’impôt (oui, vous avez bien lu…) et rentrant exténué d’une tournée mondiale, s’était rendu compte qu’avec ce qui lui restait il ne pouvait toujours pas acheter le manoir de ses rêves. 96% on peut trouver ce taux légèrement excessif n’est-ce pas ?  Ce n’est donc pas une chanson totalement beauf, loin s’en faut.

Les paroles sont d’ailleurs assez drôles, elles sont sans doute enseignées à l’ENA :

If you drive a car, I’ll tax the street
If you try to sit, I’ll tax your seat
If you get too cold I’ll tax the heat
If you take a walk, I’ll tax your feet

Les «gilets jaunes», ce que je ne suis pas, devraient reprendre en coeur ce couplet, cela donnerait un petit côté festif à leur manif (j’ai toujours aimé les Beatles, leurs paroles sont souvent stupides mais pas dans ce cas).

Ça y est Karmatotal a viré poujado-compatible ! L’annonce fera bel effet dans le landernau du ouèbe ! Non, non, je suis d’accord pour qu’on me prenne ce qui me reste, sans compter que je ne suis pas encore imposé à 96 % (je n’en ai pas les moyens). J’aimerais seulement pour le prix que je paye qu’on ne me prenne pas pour une truffe à chaque déclaration du gouvernement. Et puis l’homme à la parka rouge avec les gilets jaunes, ça suffit à m’écoeurer définitivement de la couleur orange. S’il existe un demeuré encore plus profond que Jupiter-à-terre, c’est bien le Donald Trump de la Haute-Loire. Il ressemble plus à Donald qu’à Trump, d’ailleurs.

J’aimerais bien, si c’était possible, qu’une partie au moins de mon pognon soit correctement employé. Karmatotal est à peu près comme tout le monde, il est d’accord pour payer si ça sert à quelque chose d’utile. Par exemple à renflouer des banques dans le besoin, à subventionner des entreprises créatrices d’emploi qui claquent la porte trois ans après pour aller ailleurs pomper d’autres subventions,  permettre aux milliardaires de ne pas payer un centime d’impôt, enfin plein de super trucs comme ça, les trucs à l’homme à la parka rouge.  Éventuellement, s’il reste quelques pièces jaunes, aider des gens dans le besoin. Mais les aider vraiment. Pas juste faire semblant en les rendant dépendants des minima sociaux. Là le Trump du Puy en Velay, il a déjà décroché. Tant pis.

Quand on ouvre une école, on ferme une prison.

C’est pas les Beatles, c’est Victor Hugo. Suivez un peu… le gouvernement a tout compris (de travers). Plus de places en prison, moins de postes de profs. Mais où passe donc tout ce pognon diront les lecteurs et lectrices attentif.ve.s (c’est comme ça en inclusif ?).

Karmatotal, il est vraiment comme tout le monde. Il comprend vite mais quand on lui explique trop longtemps il a l’impression qu’on le prend pour un jambon. Et Taxman, franchement, lui donne de plus en plus cette impression. Prenons le cours du Roosevelt de Picardie sur le  pognon du carburant :

  1. «C’est pas Bibi». OK il y est pour rien. C’est cohérent, avec lui on a l’habitude.
  2.  C’est pour financer la transition écologique.
  3.  On va faire quelque chose pour «les plus démunis». Au stade où ça va pour les classes moyennes, Manu, tu t’adresses bientôt à 90% de la population française.

Karmatotal, il a beau réfléchir —- effort pénible —  plus on lui explique ça, moins il comprend. Si c’est pas le Kennedy d’Amiens qui est la cause de l’augmentation du prix du carburant, alors ce sont les pays producteurs qui ont décidé de faire du cash (on peut les comprendre). Mais pourquoi dans ce cas cela va servir à financer la transition écologique ? Les Saoudiens ça les intéresse comme projet, la transition écologique en France (reine des nations je le précise) ? Ah bon ? Et les «plus démunis», les pauvres à Manu, ils vont se mettre à palper des pétro-dollars ?

Je suis sûr que Merle-Bas, enfin Grive-Haut, bref, notre fringant Benjy va pouvoir nous trouver une explication sophistiquée. Ça sert plus qu’à ça, Sciences po.

 

 

 

 

 



Jupiter dépité

ourangoutan

Tous ces gens qui se plaignent ! il n’y a plus moyen de gouverner tranquille, ma pauvre dame ! Un coup c’est le retraités, une autre fois c’est les profs (ces fainéants), maintenant ce sont les automobilistes. On dirait qu’ils font un tour de rôle. Alors que le Roosevelt de Picardie fait tout ce qu’il peut pour ne pas sombrer totalement dans le ridicule.

Même si les résultats ne sont pas franchement éclatants, on pourrait quand même lui dire la même chose que ce qu’on écrit sur les bulletins trimestriels quand on n’a plus d’idées : «Des difficultés mais de la bonne volonté. Persévérez dans vos efforts». Ce qui veut dire : t’es vraiment con mais au moins tu fais pas chier !

Et ben non, Jupiter il en prend plein l’Olympe. Faut dire que lui, il est vraiment con mais il fait un peu chier quand même. Pourtant il y aurait bien une solution à la pollution des villes, à la désertification des zones rurales et au pouvoir d’achat en berne à cause des stations sévices. Alphone Allais y avait déjà songé : «Il suffit de construire les villes à la campagne».

Simple, net, précis : je m’étonne que le Kennedy d’Amiens n’ait pas encore intégré cet item à sa com’. Benjy pourrait nous en faire une explication de texte, je le sens désœuvré, ça fait quatre jours que son boss n’a pas dit de connerie. Enfin, pas devant des journalistes. Que voulez-vous qu’il fasse, Manu Ier ? Il n’est pas là pour résoudre les problèmes du chômage non plus. Et comme l’observait finement Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort (1741 – 1794) :

La Société est composée de deux grandes classes : ceux qui ont plus de dîners que d’appétit, et ceux qui ont plus d’appétit que de dîners.  

Chamfort finit académicien, comme Giscard d’Estaing.

…Sauf que lui il avait du talent.



Itinérance mémorielle

J’aime décidément beaucoup le gimmick présidentiel de «l’itinérance de la mémoire». Petit rappel, voici ce que le Centre National des Ressources Lexicales précise à propos de ce mot :

Itinérance, subst. fém.Déplacement. Ce développement du camping : goût du plein air, possibilité de grande itinérance (Jocard, Tour. et action État,1966, p. 143).

Donc, si l’on en croit la faculté, notre pétainiste jupitérien en chef se ba-la-de. Il fait du camping plus-plus, je vous rassure (si vous étiez inquiet). À nos frais, comme de juste, mais là n’est pas la question. Notre Jupiter hexagonal a la mémoire itinérante, un sorte de souvenir ambulatoire. Il ne peut pas se rappeler l’histoire assis dans son fauteuil un livre à la main. Ben, non, faut qu’il bouge, on est le Roosevelt de Picardie ou pas. Comme nous le rappelle la définition ci-dessus, pour notre Guide Spirituel, également nommé «le geyser de lumière élyséenne», la mémoire est un parcours, un itinéraire, bref une activité de plein air et de nature.

Qu’est-ce que la mémoire, la vraie ? Vaste question… Alfred Korzybski, le fondateur de la «sémantique générale», bien connue des lecteurs de A.E Van Vogt, et créateur de la fameuse expression «la carte n’est pas le territoire» (et oui, c’était lui !) avait son idée là-dessus. Il pensait que l’être humain possédait une différence essentielle avec le règne minéral, le règne végétal et le reste du règne animal, celle de relier non plus l’espace mais le temps grâce à sa mémoire, ce qu’il nommait le time binding.

Ce qu’à sa façon, Gregory Bateson, le célèbre anthropologue américain avait également résumé sous la forme : «Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants.» La mémoire est donc le lien que nous entretenons avec non seulement le passé, mais la connaissance humaine, la civilisation. La mémoire est sans cesse à l’oeuvre dans nos vies quotidiennes et, paradoxalement, dans le progrès humain. Pas de découvertes scientifiques sans mémoire, nous sommes bien des nains juchés sur les épaules de géants. Il convient donc de faire un tri, d’exercer un droit d’inventaire pour reprendre l’expression de Jospin à propos de Mitterrand. Organiser l’avenir ce n’est pas récrire la mémoire, ni en faire un spectacle de com’, un mega show à l’américaine. Ça ne Trump personne… et cela nous renvoie à nos propres angoisses sur l’avenir.  Nous avons tous très peur de finir en Alzheimer, comme tant de gens que nous aimons.

Il est stupéfiant de constater — faut-il en rire ou en pleurer ? — que la politique française, pour ne parler que d’elle, est frappée d’Alzheimer profond. À force de vouloir s’accaparer la mémoire et d’être obsédé par le court terme, les prochaines élections, nos chers zélus ont le cerveau qui coule. Ils deviennent incapables de se rappeler réellement l’histoire, ou quoi que ce soit d’autre,  même ce qu’ils ont dit la veille parfois…

Il est alors logique que Notre Boussole de Sagesse Éternelle, Manu Ier, se voit lui-même comme un routard de la mémoire française, un punk à chien  de l’histoire en quelque sorte. Même s’il voyage léger, on comprend que ça le fatigue…    cf http://karmatotal.unblog.fr/?p=794

Tout cela dégage une étrange odeur, comme un léger parfum de charogne pourrie. Logique : Itinérance, ça rime avec rance.

Et Macron, ça rime avec quoi ?

 

 



Pétain, finalement… on n’est ni pour ni contre, bien au contraire.

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Benjy est monté au créneau, ça y est ! Il a écrasé sa clope, vidé son dernier verre de gas-oil et hop ! un petit cui-cui (je sais ça s’appelle un tweet). Formidable, Benjy, on t’aime. Avant toi, en politique, c’était la langue de bois, matériau noble finalement, avec toi c’est du carton (ondulé) : matériau recyclable. On connaît ta passion pour l’égologie.

Aucun hommage ne sera rendu à Pétain samedi. Il n’en a jamais été question.

Voilà, cette franchise me plaît. Je pensais que des fois j’étais un peu con, maintenant, grâce à toi, Benjy, j’en suis sûr. T’es un as dans le développement personnel, ça va me faire progresser. Donc ton maître, Jupiter Ier, n’a pas déclaré :

Je n’occulte aucune page de l’histoire. Il a été, pendant la Première guerre mondiale, un grand soldat, c’est une réalité. La vie politique comme l’humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu’on voudrait croire. On peut avoir été un grand soldat et avoir conduit à des choix funestes durant la Deuxième

Pourtant ça a été enregistré, non ? Alors si, il l’a dit. OK, j’ai pigé, il a dit ça mais moi j’ai compris autre chose. Que par exemple, c’était un hommage rendu à l’autre ordure. En fait non, d’accord, d’accord, Benjy, t’es un ancien socialiste, t’as des valeurs, faut juste que je comprenne. Moi tu comprends je suis comme les salariés du Nord de la France, je suis illettré, c’est ton top manager qui l’a dit. Mais j’essaie de me former, je suis de bonne volonté. Donc Pétain a été «un grand soldat» pour le maître qui te gouverne mais ce n’est pas du tout un hommage. Je comprends Benjy, c’est que tu as expliqué là :

S’il y a eu confusion, c’est que nous n’avions pas été suffisamment clairs sur ce point.

Pourtant, moi ça me paraissait vraiment clair. Comme quoi, tu vois Benjy, je suis vraiment un abruti. Je croyais savoir ce que parler veut dire. Mais en fait non. « La vie politique comme l’humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu’on voudrait croire.» : tu vois, par exemple j’essaie de piger ça. J’avais l’impression que c’était juste l’idée que finalement, bon, il a fait des trucs pas trop mal, Maréchal-nous-voilà, avant de mal tourner. Ce serait à cause de ses fréquentations, des Allemands pas trop présentables, un cocaïnomane notoire (Goëring) ou un maniaco-dépressif à lunettes (Himmler), etc. En fait  Maréchal-nous-voilà, ce serait un héros qui serait simplement parti en vrille à cause du contexte. Ahhhh ! le contexte, j’avais oublié le contexte, évidemment. Maréchal-nous-voilà c’était un bon gars, et puis le contexte, et vlan, c’est devenu d’un coup d’un seul, un délinquant sénile. Mais il a jamais eu ces idées-là avant, bien sûr. Un type qui a toujours adoré le genre humain. Sauf à partir de 1939. Ça lui est arrivé cette année-là, pfuit. Ça y est, je crois que j’ai pigé le truc de la «complexité de l’humaine nature» comme il dit le Kennedy d’Amiens, c’est qu’en fait c’est tellement complexe, qu’on ne peut rien y comprendre.  C’est dingue. Mais depuis que tu m’as fait comprendre, Benjy, qu’il n’y avait rien à comprendre, et ben ça me soulage. Je voyage plus léger.

Pour revenir à Maréchal-nous-voilà, ça peut nous arriver à tous alors ? Franchement Benjy, plus j’essaie de te suivre et plus ça me fait flipper. Heureusement que tu m’as rassuré avec ta conclusion :

Au-delà des polémiques, nous continuerons, inlassablement, à dénoncer et à combattre toutes les formes de haine.

Ouf ! Un doute horrible m’a étreint durant quelques millionièmes de secondes, à peine, mais ça suffit certainement pour faire partie de ces mauvais Français (je me pose toujours la question de la majuscule, enfin, bon). Maintenant que je sais que toi aussi tu combats toutes les formes de haine, en plus du combat que tu mène contre la clope et le diesel, je me dis que tu as des journées bien chargées. Tu dois être bien fatigué.

C’est peut-être pour ça que tu as l’air franc comme un âne qui recule, hein, Benjy ?



Tout à l’ego

Aujourd’hui je relisais les Maximes de ce bon François de la Rochefoucauld (XVIIe). Dès la septième, j’avais l’impression que c’était un livre d’analyse politique contemporaine. Comme ce bon Benjy n’a certainement pas le temps avec tout le travail mal payé  qu’il fait par ailleurs, je lui fait une fiche (cette maxime suffira, elle contient l’essentiel) :

Ces grandes et éclatantes actions qui éblouissent les yeux sont représentées par les politiques comme les effets des grands desseins, au lieu que ce sont d’ordinaire les effets de l’humeur et des passions. Ainsi la guerre d’Auguste et d’Antoine, qu’on rapporte à l’ambition qu’ils avaient de se rendre maîtres du monde, n’était peut-être qu’un effet  de jalousie.

Cela résume à merveille l’amour de l’egologie aussi soudain qu’inattendu d’ailleurs de ce sacré Benjy qui devient  de plus en plus impayable (mais pas impayé, ça roule pour lui : réservez votre pognon pour les restos du coeur). Il a découvert que le gas-oil ça polluait vachement depuis qu’il est candidat auto-non-déclaré à la mairie de Paris.

Pourtant  François de la Rochefoucauld n’adhérait pas à LREM, si ? Comment il fait pour connaître si bien le Grive-Haut en question ? Tiens, j’en ai une autre encore (la deuxième maxime du livre) pour toi Benjy :

L’amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs.

 

chatfier

Professeur hait

 

 

 

 



Pétain, ce héros ?

singe3

 

Ce mercredi, Emmanuel Macron a jugé « légitime » de rendre hommage au maréchal Pétain samedi aux Invalides, soulignant que le dirigeant du régime de Vichy avait été « pendant la Première guerre mondiale un grand soldat »

Manu, faut que je te dise, t’es vraiment formidable ! Personne d’autre n’y a pensé, à part le F’Haine bien sûr. Tu vas lui faire bien plaisir au borgne millionnaire, s’il arrive encore à comprendre ce qu’il lit entre deux changements de couches. Sacré Manu ! Le roi de la com’. Il fallait y penser : honorer Pétain, l’homme des wagons pour les fours crématoires de Pologne et d’ailleurs, l’homme de la torture dans les geôles de la «France libre», l’ami de Laval, tortionnaire en chef qui trouvait que la gestapo était un peu mollassonne, parfois.

Pétain, le «grand soldat», évidemment, il fallait la trouver celle-là. Un officier bien planqué dans son État-major de campagne, avec cigares, café et digestifs (c’est bon pour le moral) qui exigeait du bout des lèvres que des braves types de 19 ans aillent se faire éventrer sur le champ d’horreur. Et quand ils murmuraient un peu trop devant les canons qui répandaient leur tripaille dans tous les coins, Pétain, le «grand soldat», que faisait-il ?

Il envoyait les gendarmes, ces grands humanistes qui traquaient les mauvais Français pour les exécuter. C’est-à-dire des gosses de 18 à 25 ans, crevant de trouille et rongés par l’espoir de pouvoir retrouver leur famille, leur femme, leurs enfants si possible à peu près entiers. Des gosses qui prenaient le maquis parce qu’ils avaient compris que la vraie monstruosité n’était pas du côté de «l’ennemi», du «boche» qui souffrait autant qu’eux. Non, elle résidait dans la cruauté implacable des «grands soldats» comme Pétain, leur sadisme distingué et ordinaire, leurs sourires satisfaits quand on leur annonçaient que les troupes françaises avaient repris une bande de 50 mètres. Pour cela, bien entendu, il avait fallu que 4000 vrais soldats, eux, pas des officiers planqués bien au chaud à des kilomètres des combats, se fassent arracher leur vie en tremblant, ou attendent que les finisseurs de tranchée abrègent leur souffrance dans un flot de sang, à la main, à l’ancienne.

Encore bravo Manu, quel beau coup de pub ! L’extrême droite ne pourra rien te reprocher, c’est vrai que tu as déjà raclé tout ce que tu pouvais à ta gauche. Tu as tellement passé ta vie dans des déjeuners d’affaires à te gaver de foie gras et de petites mignardises au frais de la banque Rothschild, bref à faire ton joli petit «boulot» de private equity, c’est-à-dire de proxénète de la finance, que tu es devenu totalement indifférent à la souffrance humaine, d’où qu’elle vienne. D’un autre côté c’est vrai que tu ne vois pas le problème. Tu as raison. Pétain, dans son domaine, était un top manager, efficace, un vrai meneur d’hommes. Il les menait à la souffrance et à la mort, mais finalement, ce sont des détails, non ? L’important c’est l’objectif n’est-ce pas ? Un gars doué ce Pétain, et précoce avec ça, sans doute. Comme toi, Manu, comme toi. Finalement on ne choisit pas ses modèles, ce sont eux qui nous choisissent.  Moi c’est Ghandi et Martin Luther King, toi c’est Pétain. Normal, t’es le PDG de  l’entreprise France et moi je suis un gros nul, un Gandhi du massif central,  paye ta loose…

En terme de cynisme politique, tu es en train de devenir une légende planétaire. Tu prépares ta reconversion, j’imagine.

Je te verrai bien coach, tu as l’éthique.

professeur hait

 

 

PS : «Tant que le militaire ne tue pas, c’est un enfant, on l’amuse aisément.» Céline, Le voyage au bout de la nuit. Comme tu n’as pas le temps de lire, je t’ai fait un digest comme on dit maintenant.

 




Archives pour la catégorie Chroniques du Professor Hait

Des clopes et du gas-oil

M. Benjamin Griveaux, fringant quadragénaire, ex-socialiste convaincu, ex-lobbyiste convaincu mais désormais macroniste convaincu (existe-t-il une différence ?) a enfin dit ce que Matignon et l’Élysée pensaient tout bas, manifestement, puisqu’il est leur porte-parole. Oui, enfin, quoi ! Tous ces gens qui fument en roulant, voire qui se les roulent pour fumer, bref, on n’y comprend rien. Pourquoi ils n’arrêtent pas d’abord ?

Il suffirait de traverser la route, et puis voilà ! Hop ! Plus de clopes, plus de diesel ! Un peu de volonté que diable, comment voulez-vous qu’il y arrive sinon Jupiter ?  C’est vraiment le bordel l’Olympe avec tous ces K-soss qui branlent rien, la clope au bec en  picolant du gas-oil. On n’est pas à Katmandou, il a raison Benjamin !  En plus, Benjy, c’est un type qui a des convictions, une vraie rigueur en politique, c’est rare. Moi je le défends.

Il a commencé sa carrière au PS, comme Ségolène ou Strauss-Kahn, c’est dire qu’il en a des convictions, et des grosses. Il a même collaboré à un club de réflexion lancé par le même DSK, il était «sa plume». Je sais pas où DSK se la fourrait, c’est pas notre problème. Quand la muse nous habite (ou le contraire) il vaut mieux être la plume de DSK que le stylo à bille de Poutou.  Et puis si c’est pas la marque de l’abnégation et du sens du devoir, alors là qu’on m’explique. Par contre je ne sais pas à quoi ils réfléchissaient au juste, j’y étais pas non plus, mais on peut leur faire confiance. D’ailleurs DSK paraissait essoufflé. On sait pourquoi : cf http://karmatotal.unblog.fr/?p=52

Il a même fait partie du comité de campagne de Mollasson Ier, le roi du PIBas, en 2011. Cet homme ne peut pas être un hypocrite voyons. Et la clope il connaît, Benjy, puisqu’il a été aussi membre du ministère de Marisol Touraine, la fille à son papa, qui nous voulait du bien. Elle a réformé l’hôpital avec Benjy. Ouaip ! Ça marche comme sur des roulettes, maintenant. Enfin, ça marche avec des roulettes. C’est pareil, on va pas s’arrêter aux petits détails, sinon on n’en finit plus.

Bon alors on voit bien que Benjy, il est très fort et il est proche du peuple de la province, on peut le croire puisque c’est lui qui le dit : «Paris n’est pas la France, on souffre trop du monde médiatique qui se nourrit de députés franciliens». Ouhaou ! la classe ! t’as vu comment il envoie, Benjy, sur les bobos franciliens ? Un type vraiment près de la ruralité, je vous dis, d’ailleurs il le porte sur lui. Il a un petit côté «le bonheur est dans le prêt» qui n’a échappé à personne, quand il était à Bercy.

Par contre Benjy il fume pas, et il n’a pas de voiture qui roule au diesel. Peut-être n’a-t-il pas les moyens d’avoir un véhicule personnel, les fins de mois sont parfois difficiles pour de jeunes élus. Pourtant Benjy il est business-man dans l’âme, il disrupte trois fois par jour, après chaque repas, il n’attend pas après une paye d’homme politique élu à vie, non, non, non.

La preuve il avait décroché un super job juste en traversant la rue, attention en la traversant à pied pas en bagnole qui pue. C’est ça le problème en France : tout le monde veut traverser la rue pour atteindre des buts grandioses (serveur dans un McDo ou préposé aux frites dans un Kebab) mais les gens sont des feignasses ! Disons-le tout net : plus rien ne marche parce que tout ces gens (les gens : beuârk…) refusent de marcher. Ils prennent leurs bagnoles qui puent pour traverser la rue ! Avec la clope au bec, en plus ! C’est ça l’entreprise france (je ne mets plus la majuscule à france, c’est superfétatoire depuis l’avènement de la modernité) du XXIe siècle ?

Et qu’est-ce qu’il faisait Benjy pour gagner de quoi vivre un peu dignement quand même ? Il était dir-com (exactement directeur de la communication et des affaires publiques, ça veut dire lobbyiste en chef, je vous traduis) de la première société mondiale d’immobilier cotée en bourse du monde. Quand on est Benjy, on va pas bosser dans une station-service à Carrouf non plus. On a le sens de l’égologie.  Un peu de panache, saperlipopette !

En face de la rue qu’il avait traversée il y avait donc un siège social de la plus grande holding immobilière du monde qui lui a (gentiment) demandé d’utiliser son carnet d’adresse d’élu de la république (là aussi je laisse tomber la majuscule) pour bien s’assurer qu’aucun député et pote à lui n’aurait l’idée saugrenue d’abolir une niche fiscale dans l’immobilier. C’est vous dire si Benjy non seulement il traverse vachement vite même quand le petit bonhomme est rouge et qu’en plus il est proche du peuple. Il travaillait quasiment dans le bâtiment à cette époque. Enfin presque, vous m’emmerdez avec vos détails à la noix.

Il ne le faisait pas pour l’argent, mais par devoir civique et passion pour l’immobilier. Il n’était absolument pas payé pour ce travail. Hein, chapeau bas, ça force le respect. Benjy il travaillait gra-tui-te-ment !

Non, je plaisante : il touchait 17 000 balles par mois pour que personne ne touche aux niches fiscales.

Juste de quoi se payer son paquet de clopes et quelques litres de gas-oil dans sa Skoda.      … + les frais de dossier

 

 

 

Parce qu’elle le vaut(Quiez) bien…

Madame — pardon Mademoiselle — M***** M*******-L* P** (comptez bien les étoiles, le nombre y est), a récemment déclaré dans une feuille de chou ordinaire qu’elle pensait que M. Laurent W******Z, président de région Auvergne-Rhône Alpes de son état (c’est facile, là, je vous aide) était quelqu’un avec qui on pouvait discuter de projets en commun. Précisons tout de suite que le « on » ne vaut que pour elle. Personnellement cela ne me regarde pas, comme auraient dit les Inconnus. Elle se situe manifestement un peu à droite du monsieur sus-nommé mais ne dédaignerait pas décorer un peu ce flan droit qu’elle trouve fashionable. Elle a fait cette intéressante déclaration peu après avoir claqué le porte (en douceur mais trop quand même) du parti dont sa tante a hérité de son grand-père en attendant, j’imagine, la prochaine dévolution successorale. Notaire est un métier parfois compliqué.

Le problème, parce qu’il y en a un, réside dans le fait qu’on ne voit pas bien comment Mme M***** M*******-L* P** (j’aime bien quand ça reste anonyme) pourrait être à  «la droite de M. Wauquiez» à moins d’imaginer que l’hémicycle serait devenu circulaire et, dans ce cas, qu’elle se retrouve finalement à l’extrême gauche.  Dans l’hypothèse contraire, donc s’il s’agit toujours d’un demi-cercle (c’est la traduction «d’hémicycle» qui n’a jamais signifié «moitié de vélo» je le précise à l’intention des nombreux illettrés voleurs de poule qui se passionnent pour ce blog) , M***** M*******-L* P** (on dirait un mot de passe) risque de se retrouver très à l’étroit, à la droite de ce grand humaniste. De roucoulade en roucoulade, il pourrait bien accepter d’ailleurs (il n’a jamais été très difficile, il faut lui reconnaître au moins ce talent), mais pour se situer à droite de ce monsieur, la belle devra se faire contorsionniste, il ne s’agit pas seulement de se trémousser la crinoline devant des bad boys en limousine comme disait l’autre, il faut carrément être en caoutchouc.

C’est un vrai challenge comme on dit maintenant parce qu’on ne connaît plus le mot défi (pas grave, c’est quand même un mot français à l’origine, notre honneur est sauf). Ce pourrait être le prochain sujet des futures Présidentielles : «peut-on raisonnablement espérer une place à droite de M. Wauquiez ? »

N’oublions pas que Satan a toujours été à gauche (c’est pas moi qui le dis, c’est la Bible).

Professor Hait

La macro-onanisation

Ça y est ! C’est pour ainsi dire officiel ! Les Républicains (je suppose que les autres ne le sont pas, donc) se sont fait macroniser, non, pardon, MACRONISER.  Et sur une grande échelle, paraît-il. On parlerait même d’accident industriel, c’est dire. 

Mais qu’est-ce au juste que la macronisation ? Et bien, c’est une intronisation, mais en plus rapide, pour l’homme pressé du XXIème siècle en quelque sorte. Le geste reste souple et délié, mais le mouvement est nerveux, voire saccadé dans les grandes occasions. Une partie des LR, il faut le noter, a tenté d’opposer un refus catégorique (et courageux) à une telle intronisation aussi vigoureuse qu’étonnante, disant qu’il ne fallait quand même pas tout se permettre.

Las, entre se permettre et se faire mettre, même l’académicien le plus gâteux sait qu’il n’y a qu’un seul phonème, donc un seul pas. D’autres — beaucoup d’autres — aux chairs moins fermes et au passé plus mouvementé sans doute, se sont dit : « une fois de plus, une fois de moins, c’est pas ça qui va changer la fin de l’histoire. »

   À l’autre bout du spectre — non, je ne parle pas du président d’horreur d’un parti aux thèses inavouables, il est toujours en vie — on est parfois tenté par un ersatz (en Allemand dans le texte, ces gens-là sont nos maîtres quand même) de la macronisation, que l’on dénomme la « mélenchonisation ». Mais ça ne prend pas, seuls quelques communistes égarés, coincés dans le Gers depuis le pacte germano-soviétique se sont fait pécho. En tout, on pense qu’ils sont trois, autant dire que c’est anecdotique.

   Pourquoi la mélenchonisation pédale dans la choucroute alors que la macronisation fait un carton ? Question de méthode, essentiellement. La mélenchonisation se veut virile voire agressive mais tout passe par le verbe, alors forcément, c’est mou, presque désincarné. En face, on ne macronise pas avec des hologrammes, ah non pas de ça chez nous ! Du réel, du vrai, de l’authentique ! Il ne suffit pas de se cabrer dans une posture qui évoque vaguement un matador vegan pour pouvoir mélenchoniser à tout va. Chez les helpers du move à Emmanuel on l’a bien compris, avant d’entrer dans la REM, on ne se cabre plus, au contraire, on tortille, on ondule, on smurfe. Et puis vlan, la ruade.

Avant ET arrière. L’heure est aux grands projets, l’avenir appartient aux hommes d’action. Vas-y Manu.

Professor Hait

Le Grexit, ça m’excite.

Les Grecs n’ont pas besoin du FMI ( prononcez à l’américaine : « affamez »)  ou des conseils (avisés comme se doit) de la « Troïka ».  En fait du pognon leur suffirait. On ne peut pas leur en vouloir, c’est un choix de bon sens. Évidemment, ce pognon c’est un peu celui de notre livret A et de nos LDD (pour ceux qui en ont encore un). Mais à défaut d’avoir les poches pleines on peut essayer d’avoir les idées larges, ça ne coûte pas cher. Si j’ai correctement compris, ils veulent bien du flouze par paquet de douze mais ils sont plus réticents à l’idée de payer des impôts paraît-il.  Pour couronner  le tout ils arguent qu’ils n’ont plus un fifrelin pour les régler. Quelle excuse bidon, franchement !  De là à penser qu’ils sont tous comme Johnny Halliday, n’exagérons rien. Ils ont inventé la philosophie et ne passent que très rarement leurs vacances en Suisse. En outre, ceux que j’ai rencontrés chantaient plutôt pas mal. Rien à voir, donc.

Ils nous ont d’ailleurs opportunément rappelé que le nom « Europe » vient de leur langue, c’est ballot, à l’époque ils ont oublié de déposer un brevet. En revanche, « BCE », je crois que c’est allemand, non ?

Tous ces dirigeants européens sont vraiment impayables. Nous, nous serons impayés, rien de nouveau sous le soleil.   Et la France (phare des nations, lumière de l’univers), au fait, que fait-elle ?

 

… Ben rien, comme d’habitude, quoi.

 

Professor Hait

 

 

 

Des petits trous, des petits trous…

Texte du sermon sur le sommet de la montagne,

tel que rapporté par le spéléologue survivant de l’expédition.

« A mesure que la faveur et les grands biens

se retirent d’un homme, ils laissent voir

le ridicule qu’ils couvraient,

et qui y étaient sans que personne s’en aperçût. »

Jean de la Bruyère, Les Caractères,

Des biens de Fortune, 4.

 

Un trou ? Quel trou ? Je vous le dis, en vérité, ceci n’est plus un trou, c’est un précipice, un maelström, que dis-je, un abîme, un de ces « gouffres amers » qu’affectionnait tant Charles Baudelaire et, par la suite, le Commandant Cousteau. Les fosses du diable remontent à la surface, entend-on ici ou là, mais non, pas du tout, c’est nous qui descendons. De quoi s’agit-il donc ? De la Chute, bien entendu, non pas celle de Lucifer — encore que — mais celle de la finance mondiale. Les deux se ressemblent par bien des points. Lucifer, l’archange de la lumière, sera condamné à vivre comme un ver dans l’obscurité la plus profonde semblable à nos « golden boys » disposant comme se doit de parachutes « dorés » qui nous feront basculer comme autant de vermines que nous sommes, du côté obscur de la force : « Jeudi noir », « Lundi noir », semaine « noire », « blackout », bref les ampoules se grillent les unes après les autres. Et tout cet argent, où va-t-il ?

Dans un gros trou nous dit-on. Un trou « noir » probablement, puisque jamais nous ne reverrons ce pognon qui fut parfois le nôtre, de cela nous fûmes dûment avertis. Ces gouffres sont quand même tout à fait extraordinaires, à avaler ainsi la richesse de l’Amérique et du monde sans jamais régurgiter le moindre petit bifton.

Puisque l’abîme est à nos portes, il serait temps que nous nous penchions sur un de ces trous (après avoir connu l’ivresse des sommets cela me paraît salutaire). Commençons tout d’abord par la grande question que tout le monde se pose ― du moins je l’imagine : « qu’est-ce qu’un trou avec du vide autour ? » La réponse est simple, nous la connaissons désormais : une crise financière.

Ce trou ― chacun le sait à présent ― s’est constitué par l’effondrement naturel d’une roche particulièrement friable (roche souterraine et primordiale forée par des américains d’où son nom : subprime) qui a entraîné par capillarité la totalité du système financier international et, subséquemment, des bourses de tous les pays qui en avaient (des bourses, of course). Les fondamentaux se sont mis à zouquer ferme et sont partis en vrille dans le fondement de la… du… enfin, le nôtre, a priori.

Et, encore plus conséquemment, cela continue d’entraîner la mort par famine aggravée des habitants des contrées les plus pauvres. Mais on s’en fout ? D’accord. Revenons donc au sujet : qu’est-ce qu’un trou ? Un trou est une sorte de rien agglutiné en paquet. Oui, un gros paquet de rien. Un abîme, lui, est un vide immense avec ― ou non ― une rivière souterraine au fond, tandis que le néant est une espèce de rien très compressé, d’une densité presque absolue qui fout les jetons. Le néant est tellement vide de tout qu’il en est inconcevable pour des esprits humains, même endemolisés depuis de longues années. Heureusement les discours politiques viennent nous donner sinon le goût, du moins l’aperçu de ce que peut être le néant :  « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » disait Blaise Pascal (qui n’était pas la moitié d’un con) sans doute après avoir entendu un discours présidentiel durant ces dix dernières années.

Pourquoi, me direz-vous, du vide autour du rien ? Élémentaire mon cher Macron ! Le cratère d’effondrement provoqué par la remontée du magma dit des « créances pourries » (magma très chaud et particulièrement visqueux à ce que j’ai cru comprendre) a été comblé par de l’argent que personne n’avait puisque c’est de l’argent de l’État et que l’État est en faillite, nous l’avons appris d’un homme de paille en herbe, brillant cireur de chaussures récemment victime d’un coup de pompe. Donc qu’il n’a plus d’argent. Vous me suivez … ?

Ce trou plein de rien a été rempli par du vide, CQFD. Le grand gouffre d’effondrement a par conséquent été réparti en une multitude de petit trous dans chacune de nos petites poches, et hop-hop-hop, ni vu ni connu : le néant n’est plus visible qu’au fond de nos pantalons. C’est pour cela que nous ne parlons plus de l’abîme et que les grands hommes qui nous gouvernent, ou prétendent le faire, ripaillent en chœur avec un sourire satisfait. En revanche nos pantalons font un bruit bizarre quand on s’assoit, désormais. Peu importe, tous les dossiers importants sont dans des chemises, et les retraites des Puissants se trouvent bien au chaud dans leurs chapeaux (à l’emplacement exact du cerveau qui ne sert plus à rien depuis qu’on a inventé l’ENA).

De sommets du « j’ai 8 » (ce qui ne fait pas beaucoup) en sommets du « G vain », l’abîme s’effondre et se disloque en une profusion de petits trous portatifs et individuels, bien plus maniables, beaucoup plus pratiques et surtout infiniment plus discrets.

L’heure est au trou personnalisé, propre et autonome, à la taille proportionnelle à son porteur et indexé sur sa capacité de résistance au néant. Quand tous les zéros du monde sortiront les mains de leurs poches de pantalons troués ils pourront enfin se retrousser les manches pour brasser du vent ; alors les abîmes de la finance se transformeront en un gigantesque trou d’air, ce qui aurait dû être fait depuis longtemps.

Ainsi la paix régnera sur terre et tout le monde se fera l’abysse.

Professeur Hait

PS : le monde, enfin la France — quelle différence ? — vient de se souvenir qu’il existe un autre type de trou : ceux que font des kalashnikov maniées par des abrutis à demi illettrés gavés de propagande dans la liberté d’expression. Et, accessoirement, dans le corps de types plutôt sympa qui nous faisaient bien marrer. Une question subsiste : existe-t-il un rapport entre tous ces trous ? D’aucuns parlent de sommet de la bêtise…

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