Lexique

J’ai le plaisir (et le privilège) de vous annoncer la création d’une rubrique lexicographique (non, rien à voir avec « pornographique ») sous le haut et bienveillant patronnage de l’Académie de Maidoeux, organisme mondialement connu pour sa rigueur intellectuelle et l’âge avancé de ses pensionnaires.

Cette rubrique sera ainsi consacrée à l’exploration de notre belle langue (que la planète entière nous envie) et de ses ressorts les plus retors. Nous ne présenterons ici que les recherches les plus pointues, celles dont les résultats ont été validées scientifiquement. Le résultat sera une sorte de dictionnaire des « p’tits mots logiques » dont vous me direz des nouvelles.

BUREAUCRATIE : action de diriger un bureau (et, parfois celui des autres) malgré une ignorance crasse.

COURS : toujours trop long.

D.S : (abrév. de « déesse ») divinité féminine qui apparaît régulièrement aux élèves durant la semaine. Semble être considérée comme un mauvais présage.

ELEVE : ( de « élé » abrév. de « élévation » et « ve » abrév. de « veule ») ridicule petit personnage qui se fixe des buts grandioses (pilote de chasse, cuisinier dans un Mac Donald, …) à seule fin d’avoir des excuses s’il ne les atteint pas.

ENSEIGNEMENT : (de « en » et « saignement » : sang) état d’hémorragie du savoir dans lequel se trouve fréquemment le professeur. Le système de transfusion en France étant ce qu’il est depuis l’affaire du sang contaminé, ce savoir est en général perdu. Cela dit tout le monde s’en fout…

ETABLISSEMENT : (de « établi » et « semence ») l’établissement est un lieu à usage collectif dans lequel la graine de voyou (semence) apprend enfin un métier, rivée 6 h par jour sur une table de travail avec des outils modernes : papier, crayon. Hélas! le chômage devenant le choix professionnel le plus sûr, l’établissement est trop souvent un lieu où l’on ne fait rien (pour se préparer), voire où l’on s’établit pour de longues et pénibles années.

IMMOLATION : (de « immonde » et « désolation »). L’immolation est une nouvelle « mode » comme dirait un PDG bien connu pour son humanisme, Monsieur Bompard, admirable meneur d’homme à France Telecom, qui avait déclaré sans sourciller, « Il faut mettre un point d’arrêt à cette mode du suicide » après que certains de ses salariés un peu trop festifs se sont mis à jouer au pendu (de la grosse feignasse d’anciens fonctionnaires, à n’en point douter).  Ici, cette mode se propage dans un autre lieu bien connu pour son calme, sa tranquillité et l’engouement extraordinaire qu’il suscite de la part de nos élites gouvernementales (bénies soient leurs déjections jusqu’à la cinquième génération !): l’établissement scolaire(cf supra). L’immolation est donc une sorte bûcher funéraire perso en l’honneur des immondices que déversent régulièrement les médias et une partie de l’opinion publique sur les professeurs (cf infra) et en souvenir de la désolation — au sens étymologique — dans laquelle notre Etat (qu’il soit trois fois saint!) les a laissés. Comme disent les « jeunes », « putain, prof, c’est chaud !« .

 

INSPECTION : (de « ins » = dedans et « pection  » : pectoraux) Action de bomber le torse en entrant dans la salle de classe pour impressionner l’auditoire.

 

INTERET : ( de « in tes rêts » = dans tes filets) Sorte de piège mûrement réfléchi et longuement prémédité dans lequel l’enseignant essaie en vain de retenir l’attention volage de l’élève. Celui-ci ne s’y trompe d’ailleurs pas et voit venir le coup de loin.

 

PROFESSEUR : ( de « pro » = profession et « fesseur » : fessier) étymologiquement, le professeur est celui qui a pour métier de distribuer des fessées. Les punitions corporelles étant progressivement tombées en désuétude, il fallut inventer des tortures psychologiques : la pédagogie était née. Certains pensent qu’il s’agit là d’une grave et préoccupante régression.

 

PROGRAMME : (de « pro » = professeur et « gramme » : unité de poids) système de mesure permettant d’évaluer ou, du moins, d’estimer le poids de l’enseignement scolaire dans la formation intellectuelle des élèves (NB : le gramme est le millième du kilo).

 

PROJET : (de « pro » : professeur et « jet » , vb jeter) premier jet d’un professeur pour montrer la voie à ses élèves. Souvent affublé de l’adjectif « pédagogique », ce jet du professeur précèderait parfois celui de l’éponge.

 

REFORME : ( de « RE » : à nouveau, de « For » abrév. de « fort » et « ME » : abrév. de « mentir »). L’étymologie nous apporte une fois encore la clé pour comprendre ce mouvement d’agitation gouvernemental très à la mode depuis quelques années. La réforme consiste simplement à mentir très fort plusieurs fois de suite dans le but d’économiser l’argent du contribuable de base pour en laisser un peu plus dans la poche du contribuable fortuné. En général, elle est menée par un ministre qui n’a aucune compétence particulière dans le domaine qu’il réforme. Semble être devenue une valeur en soi : « J’ai réformé ! » est devenu l’«Eurêka » moderne et tient lieu de bilan pour n’importe quel ministre ou président. Pour mémoire, « Eurêka » signifie : « j’ai trouvé ». Mais on en n’est plus là…

SONNERIE : ( de « sonner » et « rie » : rien ) petit bruit grêle et insistant qui ne sert à rien puisqu’il se borne à indiquer que l’on vient de finir quelque chose que l’on va recommencer tout de suite après. La dernière semble être la plus prisée.


 

 

 

 



 

 

 


 


 



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